The Horsemen Ride : Conquest de Liv Stone

by Gwen

Titre : The Horsemen Ride: Conquest

Auteur Liv Stone

Éditeur Éditions Addictives

Date de sortie 3 juin 2019

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Troisième publication de Liv Stone aux Éditions Addictives, troisième thème différent. Troisième tir au but pour moi. Après l’archéologie égyptienne et la thérapie comportementale, c’est dans un club de bikers que Liv Stone pose sa plume.

Dépaysement assuré, direction la Louisiane, ses bayous, ses écrevisses, la moiteur de ses rues, ses commissariats et ses clubs de bikers.

Rien que le paysage, où le bayou offre la meilleure cache à cadavres encombrant, est un élément du récit que l’auteure a su poser avec talent.

Mais revenons d’abord à l’histoire. Séléna Benett est une jeune policière toute en contradictions. Grande gueule, mais presque incapable d’être plus vulgaire qu’un « fichtre » par ci par là, c’est une recrue de la Brigade criminelle qu’elle a intégrée depuis un an. Elle croit profondément en la justice, même si, plus que d’autres peut-être, elle sait qu’elle peut être carrément aveugle, mais pas toujours impartiale. Pétrie de grands principes et de son entêtement à toujours faire ce qui lui semble juste, elle est très indépendante.

Peu d’amis en dehors de Jenny, la jeune archiviste de son service, elle peine à nouer des relations profondes, même dans le domaine du travail, par peur sans doute d’être déçue, voire abandonnée. Avec les hommes, c’est la même chose. Elle a un tiroir à jouets bien fourni et c’est largement suffisant.

Du moins jusqu’à ce que sa route croise un regard qu’elle n’aurait pas dû croiser, une voix qu’elle n’aurait pas dû entendre, un blouson en cuir qu’elle n’aurait pas dû effleurer de son regard. Celui de l’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, le Conquérant. Conquest, (si si, c’est son vrai prénom, tout comme sa soeur s’appelle Famine, sympas le choix des parents!)

Conquest est surtout l’un des quatre leaders du club de motards des Horsemen Ride avec sa soeur Famine, son ami War et Death, l’ange de la mort, ténébreux et inquiétant, transfuge du clan rival des Circles.

Bien évidemment, ni Séléna ni Conquest ne sait qui est l’autre lorsqu’ils s’accordent une unique mais incroyable nuit de plaisir. Une nuit à détruitre toutes les petites culottes dans un rayon de dix kilomètres, une nuit en guise de parenthèse comme le beau biker s’en accorde sans conséquence et comme la jeune policière ne se refuse pas à l’occasion. Sauf que, bien sûr, cette rencontre furtive ne vas pas être si unique que ça…

Je ne vous en dis pas davantage pour ne pas dévoiler tous les ressorts de cette histoire menée, comme toujours avec Liv, dans un rythme soutenu.

Les protagonistes, avec leurs failles et leurs forces, leurs doutes et leurs certitudes, se confrontent et s’entrechoquent dans un monde où la fraternité et la confiance réciproques sont absolues mais où, paradoxalement, les coups tordus et les trahisons sont monnaie courante.

Sauf que dans le monde de Conquest, les coups tordus ne se règlent pas en passant des menottes et en lisant des droits.

Contrairement à leurs rivaux, les Horsemen respectent un code de l’honneur strict, ce que Séléna pourrait comprendre. Mais ils le règlent à leur manière, au mieux avec un séjour longue durée en service de traumatologie, au pire par une neutralisation ferme et définitive. Et ça, la farouche défenseuse de la loi ne peut l’entendre. Major de l’école de police, protégée de la maire, un de ses modèles de droiture, elle croit plus que tout à la valeur de la loi au service de laquelle elle s’est mise.

Dès lors, les deux héros se trouvent des deux côtés d’une ligne blanche infranchissable. Le comble, c’est qu’ils poursuivent les mêmes buts, que leur entente est aussi puissante que leur capacité à s’échauffer réciproquement les sangs.

S’en suit un roman délicieusement frustrant, qui se refuse d’être manichéen entre les bons et les méchants. Et si chacun apprend à ses dépens qu’il faut se méfier des apparences et de ses certitudes, l’histoire tourne autour de la force des préjugés et de la façon dont les sentiments permettent, ou non, de les dépasser. J’ai beaucoup aimé la façon dont, par touche, chacun des personnages doit sortir de sa zone de confort, remettre en cause ce qu’il tenait pour acquis, faire des choix qu’il aurait crus ne jamais envisager.

Ce sens de la nuance donne une touche très attachante à ce roman, qui sort du schéma que je redoutais dans les premières pages. Celui choisi par l’auteur est plus puissant, et plus logique, finalement.

Qui choisirait, en toute conscience, celui qui n’est clairement pas fait pour elle?

Qui laisserait son coeur à celle capable de menacer son autorité, la sûreté de ceux qu’il aime comme sa famille, voire de mettre en danger sa propre vie?

Pour autant, une vie en étouffant ses sentiments vaut-elle la peine, quels que soient les risques encourus?

Ce nouvel opus de Liv Stone est, comme les précédents, d’une puissance sensuelle indéniable. On pourrait même penser que le sexe est le seul point de convergence de Séléna et Conquest. Il est surtout leur mode d’expression le plus simple. Chaque échange verbal entraîne confrontations et malentendus, alors que leurs corps, eux, se comprennent et se reconnaissent sans aucun a priori.

Mais si les corps ont la part belle dans ce roman, les langues ne sont pas en reste. Non, pas seulement pour ce que vous pensez, mais aussi pour des joutes verbales intenses. Les confrontations entre Séléna et Conquest, avec War ou Famine sont des petits moments d’un piquant délicieux qui confèrent au roman une touche d’humour bienvenue pour faire redescendre la pression.

En effet, par-delà l’intrigue policière et la romance bouillantissime entre les deux fortes têtes, ce roman aborde aussi des thèmes forts que je vous laisserai découvrir mais qui ne m’ont pas laissée de marbre. Ils sont des clefs pour comprendre chacun des personnages, quoique. Je ne vous cache pas qu’après certaines révélations, j’ai eu un peu de mal à comprendre certaines prises de positions qui m’ont rendue encore plus admirative (ouf, spoil évité de justesse!)

L’autre force de ce roman, celle pour laquelle je suis encore plus impatiente de découvrir la suite des aventures de ces Horsemen, c’est son casting. On l’aura compris, Séléna et Conquest sont deux têtes de mule auxquelles il est presque impossible de ne pas s’attacher.

Mais que dire de leurs comparses? Du côté des filles, j’ai adoré la personnalité de Famine et de Jenny, parce qu’elles sont chacune un pendant au caractère de Séléna. Elle a la détermination un peu rentre-dedans de la bikeuse et les réflexes de première de la classe de l’archiviste.

Du côté des garçons, j’ai un gros coup de coeur pour War. Par-delà ses instincts de mâle en chasse, il est le point d’équilibre de toute la tribu. Ce n’est pas pour rien si, en dépit de son surnom belliqueux, il est l’arbitre de la plupart des tensions. On sent qu’il y a beaucoup de choses à découvrir sous le cuir et je ne doute pas qu’on en apprendra bientôt de belles sur son compte.

Mais j’ai aussi un crush particulier pour Daveed, dont le personnage monte en puissance tout au long de ce roman. C’est un écorché en voie de reconstruction, un homme qui place la loyauté très haut dans ses valeurs, et j’avoue que je suis très impatiente de savoir ce que Liv Stone en fera.

Et puis il y a aussi tous les points laissés en suspens, les personnages sur lesquels il convient de mettre un peu plus le projecteur, les intrigues qui ne sont qu’ébauchées.

Vous l’aurez compris, si ce roman est une histoire en soi, avec une fin clairement établie, je ne peux m’empêcher de laisser un oeil traîner du côté de la Louisiane, en espérant bientôt entendre vrombir les belles mécaniques des Horsemen Ride of the Apocalypse

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