Gueule d’ange de Laurence Chevallier

by Gwen

Titre Gueule d’ange

Auteur Laurence Chevallier

Editeur Black Queen Editions

Date de sortie 7 juillet 2023

Un titre à commander ici https: Gueule d’ange

 

J’aime les hasards qui mettent sur ma route des pépites insoupçonnées. Ainsi en est-il de Gueule d’ange.

Bien sûr, j’avais vu passer la très très belle couverture du roman de Laurence Chevallier, de celles qui attire l’oeil sans faute. Mais j’avais raté la sortie.

Jusqu’à ce que, à l’occasion d’un concours, je gagne la version audio de l’histoire du ténébreux Jimmy et de la rêveuse Anna.

Et me voilà embarquée dans une histoire qui résonne longtemps dans la tête et dans le cœur, une histoire qui mêle romance, cold case, histoire de mafieux et tous les ingrédients d’un grand coup de cœur.

2014, Jimmy “gueule d’ange” Tolza sort de sept ans de prison, bien décidé à ne plus y remettre les pieds.

2023, le lieutenant Louise Vidal enquête sur la disparition non résolue de Jimmy “gueule d’ange” Tolza.

Entre ces dates, une histoire qui marque une vie, une âme, celle d’Anna, jeune femme rêveuse et solitaire que rien ne destinait à croiser la route d’un bandit repenti ni de la passion folle.

Anna vit en région parisienne, une existence sans histoire, la vie d’une employée d’assurances qui, cet été, s’accorde trois semaines avec son amie et supérieure Chloé, dans la région de Marseillan. Entre plage, discothèque et fêtes foraines, l’été leur promet de belles heures et, qui sait, de belles rencontres.

Les deux jeunes femmes sont diamétralement opposées. Sûre d’elle, séductrice, prête à croquer la vie à pleines dents, Chloé espère qu’Anna, qui vit les histoires d’amour à travers les romances qu’elle dévore, profite de cet été pour s’ouvrir aux autres, admettre la séduction qui réside en elle.

Peut-être le beau Sofiane, l’un de leurs voisins de bungalow, étudiant en sport sérieux et attentif, trouvera-t-il grâce à ses yeux ?

À moins que …

À moins que la rencontre improbable se produise, sous nos yeux, sous les mots de Jimmy, précieusement décryptés par Louise. Là où elle espérait trouver, sous la forme de petits carnets, des indices pour mesurer l’utilité de rouvrir une enquête, elle entre de plain-pied dans une romance, plus belle et torturée que toutes celles qu’Anna a pu dévorer.

Là, elle voit Jimmy, l’homme sans coeur, le chouchou de ses dames, chauffeur pour coups tordus en tout genre, s’amuser d’une touriste un peu décalée tout en assouvissant ses envies avec une autre. Ici, elle devine Anna sortir de sa coquille pour provoquer ce beau gosse ô combien insupportable, sans arriver totalement à le sortir de son esprit. Là encore, elle croise Corto, le cousin et meilleur ami de Jimmy, mais aussi un templier, un fil de fer et toute une galerie de personnages qu’on aimerait guère contrarier.

Et si les indices sont minces, Louise, comme nous, se retrouve prise dans la beauté et la complexité d’une histoire à laquelle on n’accorderait pas une chance sur le papier.

Je suis tombée amoureuse de cette histoire.

J’en ai aimé les personnages sans fard. Les chapitres du point de vue de Jimmy est brut de décoffrage. Ne lui demandez pas d’être un prince charmant. Il n’est pas formaté pour. Il vous rirait plutôt au nez pour une telle idée. Et peu importe ce qu’en pense papi, il est campé sur ses positions.

J’ai aimé le voir essayer de se frayer un chemin du bon côté de la barrière. J’ai aimé le voir traiter de haut Anna –non, en vrai, dans ces moments là, je lui aurais volontiers botté le train si j’avais pu le retrouver- et croire qu’il était le maître du jeu là où son coeur avait déjà les cartes en mains.

Je suis tombée folle dingue de sa façon de s’ouvrir à cette palette d’émotions qu’il ne pensait pas maîtriser, à se montrer romantique sans en avoir les codes. J’ai enfin été séduite par son numéro d’équilibriste, sa façon de vouloir préserver Anna dans la lumière alors que les ténèbres le recherchaient pour l’engloutir. Bref, vous l’avez compris, je suis amoureuse de Gueule d’ange. Pourtant, que je lui en ai voulu de malmener Anna, de ne pas comprendre ses sentiments. Mais que j’ai craqué pour ses côtés sale gosse et pour toutes ses failles.

Anna … Ah, Anna, voilà une copine comme je les aime. Pleine de doutes, de rêves, mais pourtant capable de faire front lorsqu’on la pique trop. Parfois naïve, mais tellement entière. J’ai aimé la voir tomber, peu à peu, malgré elle, amoureuse d’un homme qu’elle ne connaît pas du tout, si éloigné des codes de sa vie et même de ce qu’elle imagine de l’amour à travers ses lectures.

Que j’ai été touchée par sa façon de se faire violence, tantôt pour provoquer, tantôt pour repousser l’inévitable. Que j’ai aimé la voir s’ouvrir à une vie réelle, bien plus forte que celle qu’elle vivait par procuration, à la fois plus forte et en même temps bien plus destructrice. Que j’ai frémi de ses souffrances. J’aurais tellement voulu trouver les mots pour elle à ce moment-là.

Laurence Chevallier en fait un portrait que j’ai trouvé plein de force et d’émotions, d’une sensibilité à faire fondre les âmes les plus aguerries.

Mais Gueule d’ange n’est pas que cette romance parfois frustrante de ce slow burn à se damner, parfois hautement inflammable.

C’est aussi une histoire de bandits où les sentiments sont une faiblesse, les alliances une illusion et la mort une perspective bien trop certaine pour faire le moindre projet.

Il en résulte une histoire à cent à l’heure, l’œil sur le chrono, dans le rétro, sur tout ce qui rappelle que tout n’est peut-être qu’un sursis.

Cette partie de l’histoire interrompt régulièrement la romance. Parfois, j’en ai grogné de frustration –mais laissez moi Jimmy et Anna, bon sang !- mais Louise a également un regard des plus intéressants à porter sur l’histoire. Celui de la professionnelle, aiguillonnée par un mystère non résolu, mais aussi celui de la femme qui, comme chaque lectrice, veut en savoir plus, connaître la fin de l’histoire.

Et je ne vous ai pas encore parlé de la version audio grâce à laquelle j’ai découvert cette histoire. Elle est servie par Flora Kaprelian, Raphaël Cohen et Eva Menin. Ils portent à eux trois les espoirs et les craintes de chacun. J’ai aimé la façon dont ils donnent vie à ces personnages hauts en couleur. La voix de Jimmy est envoûtante à souhait, celle d’Anna porte toute sa fragilité. Dès le prologue, elle m’a donné des frissons et j’ai beaucoup aimé la façon dont elle su faire passer la métamorphose de son personnage. Même remarque pour Louise, qui aurait pu n’être qu’une faire-valoir dans l’intrigue principale mais dont on ressent bien toute l’empathie, notamment lors d’une rencontre décisive avec Anna.

Une fois de plus, la version audio décuple, à mon sens, le plaisir de découvrir l’histoire surtout quand, comme c’est le cas ici, elle est interprétée avec autant de conviction.

La fin ? On en parle ? Surtout pas ! Elle est, là aussi, l’un des éléments magistraux de cette pépite. Vous voulez la connaître? Une seule solution, foncez!

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