Bonus calendrier de l’Avent de Gwen Delmas

by Gwen

Une surprise de l’Avent

Pour couronner la journée spéciale dans le calendrier de l’Avent des Blackinkettes, je voulais vous faire un petit cadeau.

Il s’agit d’un texte brut, sans correction, qui n’aboutira peut-être sur rien, qui donnera peut-être quelque chose. Son nom de code est SA, comme deux des personnes les plus importantes de ma vie, mais aussi et surtout comme les initiales de deux perso chouchous de Dark Angel. Vous visualisez?

Alors installez vous pour ces quelques pages.

Et encore merci pour tout.

Gwen

Prologue

À quel moment ?

À quel moment le « il a beaucoup de caractère, mais tellement de soucis, et puis il m’aime tellement fort » devient-il « il m’humilie, me maltraite, me prive de ma liberté et de mon estime de soi » ?

À quel moment l’amour devient-il jalousie et possession ?

À quel moment assumer le confort de l’autre devient l’enfermement sous prétexte que je n’ai pas besoin de travailler et que lui a besoin de moi à tout instant et encore plus besoin de savoir où je suis et avec qui à toute heure ?

À quel moment la lueur admirative et pleine de désir dans le regard devient jalousie ?

À quel moment le « ben dis-moi tous les regards seront braqués sur la plus belle femme de la salle ce soir » devient « tu veux allumer qui, habillée comme une pute » ?

À quel moment la passion devient poison ?

À quel moment mon mariage est-il devenu ma prison ?

Quand j’ai rencontré mon avocate la première fois, j’ai été incapable de lui donner une date précise. Ou il y en avait trop. La première insulte ? Le pauvre, il avait eu une mauvaise journée et le repas n’était pas prêt à son arrivée parce que j’avais passé trop de temps avec mes amies.

La démission de ce boulot que j’adorais ? Je n’avais pas vraiment besoin de travailler. Et avec ses horaires de fou, le moins que je puisse faire, c’est d’être disponible quand il l’est.

Le premier coup ?

Oui, là, j’aurais dû réagir. Partir. Saisir la perche tendue par le médecin urgentiste qui ne croyait pas du tout à mon excuse bringuebalante, comme la marche de l’escalier que j’aurais manqué. La marche oui, les poings de mon mari, non. Quand je suis sortie de l’hôpital ce jour-là, le médecin m’a tendu une enveloppe en douce, le premier pas vers une lueur : le certificat d’un médecin légiste qui avait constaté mes contusions et les coordonnées d’une inspectrice de police qui, paraît-il, était très à l’écoute, Sarah Simmons. Il en a fallu, d’autres certificats précieusement collectés, avant que je ne l’appelle, ce soir.

Ce soir, lorsqu’est arrivé le moment.

L’instant de l’irréparable, celui qui me laisse allongée, seule, dans ce lit d’hôpital, le corps brisé et le cœur en miettes.

J’ai eu mille et une occasions de réagir. J’ai toujours eu une meilleure raison pour me taire.

Jusqu’à aujourd’hui. Cette fois, c’est décidé. Ni les excuses de Karl, ni ses cadeaux, ni les mots raisonnables de ma mère, ni la perspective de la folie financière ou sociale que je m’apprête à faire ne seront une raison suffisante.

Ce soir, sur ce lit d’hôpital, je me fais deux promesses. Plus jamais Karl Spagno ne posera les mains sur moi sans conséquences. Plus jamais un homme n’aura le pouvoir de me faire du mal.

Ce sera mon mantra, mon leitmotiv.

Ma liberté aura un prix élevé, c’est certain, mais j’en savourerai encore davantage chaque victoire !

 

 

Chapitre 1

 

Stephie, deux ans plus tard.

 

Ma mère disait toujours qu’il y a un moment fondamental dans la vie d’une femme, celui qui fait d’elle celle qu’elle va être pour le reste de sa vie, son mariage.

Qu’aurait-elle pensé, si je lui avais dit que je ressens exactement la même chose aujourd’hui, sept ans après ce qui aurait dû être le plus beau jour de ma vie, deux ans après le début de la procédure ? Aujourd’hui, le premier jour du reste de ma vie. Le jour de mon divorce.

En sortant du tribunal de Denver, ce midi, sa phrase, prononcée quelques minutes avant la cérémonie de mon mariage, résonne comme une ritournelle désuète et hors de propos.

Je te prends comme époux et me donne à toi.

Cette phrase était un piège. J’aurais dû m’en douter.

Un piège qui a donné à un autre le droit de croire qu’il me possédait comme l’une de ses nombreuses acquisitions.

Il s’est rouvert aujourd’hui, sous les imprécations et les menaces de mon ex-mari qui lui ont valu un rappel à l’ordre du juge et la menace d’une amende pour outrage à magistrat en plus d’une injonction à rester à distance. Tout ça ne me concerne plus désormais, ni les crises de jalousie de Karl Spagno, ni ses coups d’autorité.

Je sors de ce tribunal en femme divorcée, nettement plus riche qu’elle ne l’était en y entrant, bien davantage que je m’y attendais grâce à mon avocate de choc. Le plus important de tout, nettement plus libre. La guerre a été âpre. Cent fois j’ai cru que je n’y parviendrais pas. Cent fois, mes collègues -de ce travail que j’ai repris comme premier signe de mon indépendance- ont essuyé mes larmes d’abattement et m’ont redonné confiance en moi.

Dans les hommes ? Plus jamais.

La thérapeute qui me suit me conseille de donner du temps au temps, d’apprendre à refaire confiance. Si elle savait…

Pour l’heure, je ne veux rien de tout ça. J’apprends à me refaire confiance, à moi, à ma capacité de jugement, à mon instinct quand je rencontre de nouvelles personnes.

C’est ce qui s’est passé avec Mike.

Une rencontre inattendue, comme une évidence. La première fois que j’ai vu Mickaëla Perkins, elle menaçait de tomber en miettes sous l’acharnement de son manager. Je connais ce genre de types ! À petite échelle, il est un clone de mon ex.

J’ai vu tant de l’ancienne « moi » dans cette fille, à peine adulte, prête à être dévorée par un connard abusant de son autorité que j’ai eu envie de voler à sa rescousse. Une compensation à ma propre faiblesse ? Peut-être. Je ne raisonne pas si loin.

Je ne sais qu’une chose. J’ai l’impression de la connaître depuis toujours alors que ça fait à peine dix-huit mois qu’elle est entrée dans mon univers. Je ne suis pas dépendante d’elle.  C’est plus que ça. Elle est ma sœur de cœur, celle qui m’est tombée dessus comme une évidence et qui, en cette heure, a désespérément besoin de moi.

Elle a été là, elle, sa fraîcheur, son innocence et son amitié pure, lorsque je me demandais si toute cette lutte valait la peine.

Depuis que sa vie a volé en éclat, c’est elle qui est au fond du gouffre et qui a besoin de moi. Je serai là pour elle, le temps nécessaire pour qu’elle retrouve, elle aussi, la lueur d’espoir au bout des ténèbres.

Je m’en suis fait la promesse. Si une nouvelle vie s’ouvre à moi, elle s’ouvrira pour nous deux.

 

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