White Rush de Vanessa Degardin

Titre White Rush

Auteur Vanessa Degardin

Date de sortie 10 mars 2026

Un titre à commander ici White rush de Vanessa Degardin

Que vous soyez adeptes de romances sportives, nostalgique des derniers JO d’hiver, fans de romance MM ou accros à la plume de Vanessa Degardin, White Rush est fait pour vous!

Ça tombe bien, je suis tout ça. Autant dire que j’ai passé un excellent moment de lecture, avec un privilège en plus, celui d’avoir découvert, en avant-première, ce tout premier petit auto-édité par dame Degardin. Et je n’en suis pas peu fière!

Mais j’arrête de vous faire patienter et je vous explique pourquoi ce roman devrait trouver sa place dans vos liseuses.

L’histoire met aux prises deux athlètes aux deux extrémités de leurs carrières, deux hommes que tout oppose. Le premier, Hiram Delval, est un jeune rookie de 25 ans. Il est venu au snowboard presque par hasard, galère pour vivre de son sport, jusqu’au moment où il est repéré par un agent, représentant d’une team prometteuse. Une équipe dominée par l’ombre de la légende des snowboarders, Elior Montrose, trente-cinq ans, une sorte d’enfant de la balle, élevé dans l’univers du ski. S’il a choisi de ne dévaler les pentes que sur une planche, il a gagné tout ce qui a pu l’être. Pourtant, il a encore faim. Faim de victoire, faim de reconnaissance, faim d’une légitimité pour négocier le dernier virage, celui de la reconversion. Mais pas tout de suite. Elior est sûr de lui, arrogant, connard arrogant pense-t-on souvent. Il est aussi méfiant jusqu’à la paranoïa.

Personne ne se rapproche de lui sans arrière-pensée. Aussi ne se rapproche-t-il de personne. Encore moins de ce gamin insolent et bien trop doué qui lui rappelle que l’horloge tourne et que bientôt, il ne sera plus intouchable.

Mais Hiram représente aussi un autre danger, lui qui regarde son aîné avec l’œil brillant de celui qui côtoie son idole et le regard brûlant de celui qui dévore de tout son désir l’objet de son fantasme.

Car Hiram aime les hommes. Il n’en fait pas particulièrement étalage, dans un milieu sportif qui n’est pas forcément très gay-friendly. Mais il ne le cache pas non plus dans sa vie quotidienne. Encore une différence avec Elior qui s’affiche régulièrement au bras de jeunes femmes sculpturales mais s’envoie en l’air en douce avec des hommes très discrets. Hors de question que son image puisse être autre chose que lisse et parfaitement contrôlée.

Deux hommes, deux mondes, deux conceptions de la vie. Vous voyez l’ensemble des possibilités ? Laissez parler votre imagination. Celle de Vanessa a encore quelques longueurs d’avance.

Je ne vous en dis pas plus de l’intrigue. Par contre, laissez-moi vous dire pourquoi j’ai aimé ce roman.

D’abord, j’adore l’univers sportif, celui de la glisse en particulier, du snowboard en particulier. Et l’auteure s’en est donnée à cœur joie entre le big air et le slopestyle. Vous n’y connaissez rien ? Pas de panique, on n’est pas non plus dans un reportage pour la nuit de la glisse. Mais j’ai pris plaisir à vivre quelques descentes dans la tête du rider ou du spectateur connaisseur.

De plus, j’avoue que j’étais intriguée par une romance en plein hiver. Il me semblait plus facile de faire naître le désir quand on se ballade en maillot sur une plage caribéenne que dans une combinaison intégrale. Et bien l’un n’empêche pas l’autre, figurez-vous, d’autant que sous toutes les couches thermiques se cachent aussi des merveilles de la nature, sculptées pour le froid, la vitesse et les acrobaties. Tout un programme.

Plus sérieusement, White Rush propose un slowburn parfaitement brûlant avant d’exploser dans une histoire apte à faire fondre toutes les neiges éternelles. Je n’avais pas encore lu de MM  signé de Vanessa Degardin. C’est un tort. Elle y est excellente !

Mais par-delà la pure romance, j’ai été prise dans les thèmes qu’elle a travaillés parallèlement à la romance ennemies-to-lovers entre Hiram et Elior.

Le sport, je l’ai dit, occupe une place importante dans le récit. La piste, bien sûr, les podiums, les médailles et les cérémonies protocolaires, mais pas que. Il y a aussi la vie du sportif en saison, entre voyages et cohabitations, entraînements et négociations. Effectivement, dans White rush, on plonge dans les coulisses, et dans cet autre aspect de la vie de l’athlète, le nerf de la guerre, l’argent, du coût d’une saison à la quête de sponsors en passant par toutes les obligations de représentation. Un envers du décor bien documenté et bien pensé qui donne une touche supplémentaire à l’histoire.

J’aime aussi la façon dont Vanessa aime ses personnages, dont elle gratte sous la surface pour en faire ressortir ce qui n’est pas forcément beau, mais ce qui est vrai. Dans ce roman, si les deux protagonistes ont reçu ses soins, je trouve que le personnage d’Elior est particulièrement réussi. Dans l’alternance des points de vue, on ressent la soif de reconnaissance de son cadet, son côté tête-brûlée, en piste et en dehors. Mais j’ai été plus touchée encore par les responsabilités qui semblent écraser Elior. Son âge, son avenir, son image, son contrôle. Tout ce qu’on imagine pas d’un snowboarder qu’on se figure le plus souvent insouciant et cool.

Elior est le contraire de cool, même si, confronté à Hiram, il avance, se libère, dans une certaine mesure tout de même. Cet aspect de sa personnalité que l’on pourrait appliquer à chacun d’entre nous m’a rendu « l’ancêtre » plus attachant encore.

Mais j’ai aussi été touchée par le grand thème décliné dans ce roman, celui de la différence. Une force ou un handicap? semblent se demander les protagonistes, à tour de rôle ou ensemble. Différence d’âge, de statut social, de notoriété. Différence, aussi, dans la façon d’envisager sa façon de vivre sa sexualité et son amour. Là encore, si l’auteure propose deux approches, deux points de vue, deux projets de vie, elle pose aussi des questions qui dépassent le simple cadre de son histoire et rappellent que, souvent, chacun est obligé de tenir son rôle pour être conforme aux attentes des autres ou pour ce que l’on suppose qu’ils attendent de nous.

Avant de refermer cette chronique, il y a un aspect de mon coup de cœur que je n’ai pas encore évoqué, à tort, le plaisir de lire et de redécouvrir la plume de Vanessa, sa sensibilité, son caractère pétillant auquel ses personnages doivent tant.

Autant l’avouer, j’ai lu en parallèle White Rush et Nemesis, autre pépite de l’auteure dont je vous parlerai un autre jour. Deux salles, deux ambiances, mais une ligne commune, Dame Degardin a un sacré talent pour raconter les histoires, pour dépeindre des personnages hauts en couleurs et en passions et pour aller regarder dans les coins moches du cerveau de ses personnages, là où on enferme les petites hontes et les secrets honteux, pour les révéler au grand jour, tant pis, parfois, pour les petits cœurs de ses personnages, afin de les mener vers une sacrée lumière et pour nous, lecteurs, vers un moment de lecture à ne pas rater !

Et vous savez quoi ? Je suis déjà prête pour le prochain. Mon petit doigt m’a parlé d’une histoire de Yakuza, mais chuuut, on en reparle très bientôt.

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