Sex friends, pas de contraintes que du plaisir bonus #4

Bonjour à tous

Sex Friends a trois mois!

Encore mille mercis pour l’accueil que vous avez fait à Aurore et Robin.

Certaines m’ont dit qu’elles aimeraient en savoir plus sur Angie. Dans la liste de mes projets, je n’avais pas prévu son histoire…. Enfin pas vraiment, …. quoi pas beaucoup…

Bref voici un chapitre, sans prétention, brut, sans correction.

Il ne débouchera peut-être sur rien. Ou alors, qui sait, …. en tous cas, voici notre Angie en drôle de posture.

Je vous laisse avec Angie, Zélie et ….

Bisous

Gwen

Bonus 4

Angie

Mais quelle poisse !

Juste aujourd’hui il fallait que ça m’arrive !

La panne d’oreiller. Que dis-je, la Méga panne d’oreiller ! Celle qui fait que dans moins d’une demi-heure, je dois déposer Zélie à son école et que bien sûr, j’ai une tête de fin du monde, une tignasse digne d’un nid de dragons, la trace de l’oreiller sur la joue et une migraine à faire peur.

Bref la gueule de bois sans une goutte d’alcool dans le sang mais une grippe que j’ai sous-estimée, visiblement. Quelle idiote d’avoir voulu jouer la femme indépendante qui n’a besoin de personne. Tout ça parce que mes parents sont en vacances et que Dex prenait le train hier pour rejoindre Aurore. Résultat, me voilà toute seule avec la puce qui saute partout, impatiente d’aller à l’école.

Impatiente d’aller à l’école ? C’est nouveau ça ! Depuis le début de l’année, c’est plutôt soupe à la grimace et prétextes variés pour se faire porter pâle et éviter son institutrice, une réplique de Smaug le dragon. La coquine a même voulu rester pour soigner son doudou trop malade pour se lever.

Mais pas ce matin !

Non non, ce matin, sans aucune pitié pour ma migraine, mes yeux qui veulent quitter leurs orbites et le chardon qui a élu domicile dans ma gorge, ma princesse n’a qu’une hâte : rejoindre l’école.

Je m’interroge tout en vérifiant qu’elle est bien attachée dans son rehausseur. Six ans, c’est trop jeune pour avoir hâte de retrouver un amoureux, non ? Et si je me rappelle bien, le seul nom de garçon qui revienne régulièrement dans sa bouche, c’est celui de Baptiste, le voisin qui a osé lui piquer son feutre turquoise avant de décréter que c’était une couleur pour les filles. Elle a manqué en faire une jaunisse !

Je roule plus lentement que d’habitude. Dans l’état second où je suis, hors de question que je sois un danger pour les autres. Je trouve miraculeusement une place pas trop loin de son école, invite Zélie à descendre, et soudain c’est le drame.

–Hiiiiiii maman, on a oublié le gâteau.

Le gâteau ? Quel gâteau ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais pour ma fille, c’est visiblement la catastrophe de l’année à en croire ses petits cris trop stridents pour mon cerveau en vrac. Ça doit même être pire que la presque amputation de la patte de son doudou préféré, puisque ses petits yeux s’embuent.

–Mais je t’ai dit maman, le maître il a dit de porter un gâteau pour le goûter philo.

La maître, … gâteau, … goûter philo. Mouais, dit comme ça, ça me parle vaguement. L’air navré de ma puce me donne le coup de grâce. Je n’assure pas un instant sur ce coup. Pour un peu, je verserais une ou deux larmes aussi. Saleté de grippe va !

Elle ralentit mon cerveau. Mais pas à ce point.

–Temps mort princesse ! Café philo, je suis. Mais un gâteau ? La vieille Sortdelaforêt vous laisse manger des gâteaux maintenant ? Demandé-je en référence à la mémorable prise de bec avec la maîtresse de ma fille qui a interdit un gâteau pour son anniversaire au nom de je ne sais quel principe bien pensé sur le papier mais tellement frustrant en vrai.

–C’est Sordubois maman, me corrige Zélie, en adoptant un petit air sérieux qui me fait fondre. Et tu sais qu’elle est absente pour un mois entier.

–Mme Quittelemaquis est absente ? Je suis étonnée. S’il y a quelque chose qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est d’être absentéiste.

–Sordubois, répète Zélie. Son regard se veut toujours sévère, mais elle glousse doucement. Elle s’est cassée les deux chevilles. C’est M. Melto qui la remplace.

Ou comment se faire remettre en place en trente secondes par sa progéniture qui montre qu’à six ans, elle est presque aussi mature que sa mère.

–Bon donc M Melto veut un gâteau. Et j’ai oublié. Je suis absolument navrée ma puce. Maman n’a pas assuré sur ce coup. Bon voilà ce qu’on va faire. Il y a une pâtisserie à côté. On va aller acheter un cake maison ou une tarte aux fruits.

–Mais M Melto il a dit qu’il voulait un gâteau maison. Un qu’on fasse avec sa maman.

Avec sa maman ? Et puis quoi encore ? Il se croit encore au temps des dinosaures M Melto qui va bientôt rejoindre sa collègue dans mon panthéon des instituteurs à exorciser.

–Parce que les gâteaux, c’est l’affaire des mamans ? Je vois le genre !

Et voilà ! La fièvre fissure mon filtre, déjà bien fragile en temps normal.

Et à voir le visage de Zélie soudain tout crispé, je sens que j’aurais vraiment mieux fait de me taire. Instinctivement, je devine la phrase suivante.

–En vrai, M Melto a dit avec sa maman OU son papa…

Okayyyy. Pas besoin d’en dire plus. Ma princesse pince bravement les lèvres, mais les larmes ne sont pas loin. Je serre les poings en silence. Pas contre ma fille. Pauvre puce. Mais contre ce sombre connard de M. X.

Plus de six ans que je vis très bien sans lui. Morgan Larilé. Six ans depuis qu’il a pris ses valises et un morceau de mon cœur pour ne pas assumer mon plus merveilleux accident.

Il ne me manque pas. Pas du tout. C’est vrai quoi! Il m’a volé toute la confiance que je pourrais avoir dans un homme. Mais il m’a laissé le plus merveilleux des cadeaux de rupture. Ma fille. Rien qu’à moi. Elle a ses yeux. Son goût pour la pâtisserie. Son entrain matinal.

Mais on s’est très bien débrouillées sans lui, avec mes parents et Dex En tous cas jusqu’à ce que cette terreur de Bastien, un caïd de sept ans, se moque de ma fille « sans père ». Je me suis montrée particulièrement mature en ne ripostant pas que vu l’énergumène qui lui sert de père, audit Bastien, il n’a pas vraiment de quoi la ramener !

Toujours est-il que depuis l’intervention de cette petite teigne, Zélie se pose des questions. Et en digne fille de sa mère, elle veut des réponses. J’adorerais les lui donner. Vraiment. J’ai remué ciel et terre -enfin j’ai surtout agité mes doigts agiles sur mon clavier- pour le retrouver. J’y suis arrivée. Évidemment. Mais il y a un monde entre retrouver les coordonnées de mon ex et entrer en contact avec lui. Je lui ai envoyé des messages sur tous les canaux disponibles. J’ai même tenté de passe par sa mère. Vu notre affection réciproque du temps où je sortais avec Morgan, je ne pense pas avoir quoi que ce soit à attendre de ce côté. Mais sait-on jamais ?

Seulement voilà. Depuis six semaines, mes efforts sont restés vains. Rien. Nada. Nichts. Oualou. Monsieur X reste muet. Et moi, j’endosse sans broncher le rôle de la vilaine maman qui ne fournit pas de réponses. Ma copine Aurore m’incite à expliquer la situation à Zélie. Pour lui dire quoi ? Que son égoïste de père, après avoir fui plutôt que de l’élever, joue au mort pour ne pas faire sa connaissance ? Même pas en rêve. Le jour où Zélie est née, je me suis promis de la protéger de tous. Monsieur X ne fait pas exception.

Mes états d’âme ne résolvent pas mon autre problème immédiat : ce fichu gâteau maison qui n’en sera pas un. Et cette fièvre qui ne lâche pas prise et ne me rend pas très encline à la psychologie enfantine.

Zélie n’en est en rien responsable. Je prends sur moi et me penche vers ma puce alors que nous sommes entrées dans la boulangerie.

–Écoute Zélie jolie. J’ai foiré sur ce coup. Je sais. Alors voilà ce qu’on va faire. Pour t’éviter d’arriver les mains vides, on va aller acheter ce P…oussin de gâteau à la C…revette.

Et si l’autre casse-C…arotte de M Melto n’est pas satisfait, je lui ferai un gâteau maison dès que cette grippe de misère m’aura fichu la paix. Et il pourra le manger, l’encadrer ou se le coller au C…ardamone, ce sera la même.

Oui, je sais, remplacer les gros mots par des mots improbables, c’est moyen, mais ça me défoule et les oreilles de Zélie sont préservées. Un bon compromis en somme.

À la façon dont ma fille plisse le bout de son nez, je sais qu’elle est en train d’essayer de reformer ma phrase en version non censurée. C’est devenu un jeu entre nous. Elle n’est pas dupe. Moi non plus. Mais comme dit mon père qui rigole à chaque fois qu’il nous entend, ça enrichit son vocabulaire.

Visiblement aujourd’hui, il y a une autre personne que notre dialogue amuse si j’en crois le rire chaud qui coule sur ma nuque. Je me retourne un peu brusquement. Je n’aime pas qu’on me juge dans mon rôle de mère et l’intrus va le savoir très vite… Ou pas.

Parce que l’intrus en question est un psychopathe à petites culottes. Un bon mètre quatre-vingts, une carrure de rugbyman sous un blouson de cuir, un voile de barbe d’un châtain lumineux qui ne masque pas une mâchoire volontaire et un regard de feuille d’automne.

Pour l’heure, le regard en question me détaille avec amusement et un poil trop d’intensité. Oui bon ça va. On ne va pas en faire des tonnes non plus. Être un semi-dieu qui transpire la sensualité par tous les pores de sa peau ne lui donne pas non plus tous les droits. Mer… cantile quoi !

Pour autant, difficile de détacher mon regard de l’apparition qui ne semble pas plus décidé à rompre la joute. Intriguée de mon silence, Zélie se retourne.

–M Melto ! Maman, c’est le maître.

Hein ? Ce beau gosse, un fonctionnaire de l’Éducation Nationale ? Punaise, qu’on me rassure, il y a bientôt une réunion de parents non ?

Je suis même prête à inciter Zélie à faire des bêtises pour être convoquée plus souvent. Mais qu’est-ce que je raconte moi ? Je me démène pour que Zélie soit une élève modèle, sans pour autant frustrer son tempérament et j’en suis presque à lui refiler mon manuel des cent pires bêtises de cour de récréation, juste pour être convoquée par le Dieu vivant du CP.

Allez Angie! Grippe ou pas grippe, on se motive, on se relève et on fait bonne figure en oubliant qu’on est au bout de sa vie et prise en flagrant délit de truandage de gâteau.

–Bonjour M Melto claironne Zélie.

–Bonjour Zélie. Tu vas bien? Madame, me salue-t-il un brin trop cérémonieux en se penchant pour m’aider à me relever.

Mon Dieu, sa main est immense! Mes doigts disparaissent presque dans la paume qu’il referme pour m’aider à me relever. Et que dire de son contact? Un arc électrique me traverse instantanément. L’électricité statique, Angie, rien de plus! Tempère la partie raisonnable de mon cerveau.

Je ne suis pas femme à me liquéfier devant le premier venu, instit sexy ou pas !

–Angie Choste. Je me présente bravement en lui serrant la main, retrouvant le ton un peu autoritaire que j’utilise au travail.

–Casse-Carotte Melto, répond-il, pince sans rire, pour bien me montrer qu’il m’a entendue. Sinon, pour l’État Civil, c’est plutôt Dorian Melto. Et pour être entièrement honnête, je ne suis pas très très fan du Poussin de gâteau à la Crevette. Zélie, rassure-toi. Si ta maman a oublié de faire le gâteau pour aujourd’hui, ce n’est pas grave.

Son ton m’agace. Visiblement, il essaie de réconforter ma fille, mais j’entends clairement un jugement sur mes failles de maman solo.

–Ce n’est pas une question d’oubli. C’est une question de temps, de grippe et de tout ce qui compose la vie des gens!

Inutilement agressive? Peut-être bien. Et alors? Je ne lui demande pas d’apprécier après tout.

–Excusez-moi, je me suis mal exprimé. Je voulais juste dire que ce n’est pas grave si Zélie vient sans gâteau. C’est tout. Ce n’est ni une critique, ni un jugement. Ne vous mettez pas en frais pour en acheter un maintenant.

Ah bon? Et pourquoi? Si je veux acheter un gâteau pour que ma fille arrive avec un gâteau comme ses copains de classe, je ne vais pas me gêner non plus?

Je le foudroie du regard, prête à lui dire ma façon de penser. Je n’en ai pas le temps. Il lève les mains en signe de paix.

–En fait, vous savez quoi, on va faire comme si on ne s’était pas vus. Je vais récupérer mon pain au chocolat –si je ne dis pas chocolatine, vous ne me direz rien, rassurez-moi ? Et je vais vous laisser résoudre votre dilemme de gâteau. On fait comme ça?

Le jeune homme assortit sa sortie d’un sourire apaisant et d’un clin d’oeil et en profite pour me doubler.

Un clin d’oeil? Un voleur de place? En temps normal, j’aurais remis à sa place le malotru. Mais quelque chose m’en empêche. Et pas seulement le sourire radieux que lui décoche ma fille.

Je laisse passer, pour cette fois, décontenancée par l’impression que j’ai dû lui donner –mais après tout, qui ça intéresse, ce que l’instit de ma fille pense de moi?

En attendant mon tour, je ne peux m’empêcher de jauger le remplaçant. Ben quoi? Il passe un tiers de la journée avec ma fille, il faut bien que je sache à qui j’ai affaire. Mauvaise foi, moi? Non, jamais !

Mais je dois bien reconnaître que l’envers vaut l’endroit. Des épaules larges, une taille fine, des jambes solides, moulées dans un jean très ajusté et un fessier musclé juste comme il faut.

Y a pas à dire, ça change de la peu gracieuse Mme Sordubois!

Alors que Zélie accepte finalement le principe d’une brioche des rois, son maître repasse devant nous.

–J’ai pris un croissant, finalement. Ce sera moins polémique, plaisante-t-il en passant à ma hauteur.

Malgré moi, mes lèvres s’étirent dans un demi-sourire.

–À tout de suite Zélie. À bientôt, madame, me salue-t-il en me tendant la main.

Je réponds à sa poignée de main solide avec aplomb. Tant pis si ma peau frémit de la douceur de la sienne. Tant pis si je ne peux m’empêcher, malgré mon rhume carabiné, de sentir le très léger parfum de cuir et de santal qu’il laisse dans son sillage.

Tant pis si pour la première fois depuis des mois, mon corps réagit à la présence d’un homme.

Pas d’un Homme, Angie. Du maître d’école de Zélie. Donc par définition, d’un être humain asexué et intouchable.

Voilà, c’est exactement ça. Asexué. Intouchable. Mais diablement séduisant.

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