Start again de Valentine Stergann

Titre Start again

Auteur Valentine Stergann

Éditeur Plumes du Web

Date de sortie 28 janvier 2020

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Écrire une histoire d’amour qui se fonde sur le deuil, ça peut paraître gonflé.

Commencer la lecture de ce livre alors qu’on vient soi-même de vivre une telle épreuve, ça peut paraître masochiste.

Dans un cas comme dans l’autre, Start again déjoue tous les pronostics.

C’est un bonbon doucement acidulé, un baume au coeur et un shoot d’air frais, tout en même temps.

Oui, dans Start again, j’ai sorti mon kleenex, souvent. Je pense que je l’aurais fait tout aussi facilement dans un autre contexte. Parce que la façon dont Valentine Stergann décrit le deuil et le manque est criante de vérité, à plus forte raison dans le cas de Lula, l’héroïne absente de ce roman, qui part bien trop tôt, trop tôt pour ce qu’elle avait à vivre et pour tout ce qu’elle a apporté à ses proches.

Pour autant, dans ce roman, j’ai souri, j’ai même ri, beaucoup, souvent, y compris dans des moments dramatiques. L’exemple type -vous penserez à moi en lisant cette page-, c’est l’éloge funèbre de Lula, prononcé par Nell, sa meilleure amie.

En effet, je commence ma chronique par mon premier ressenti, presque viscéral, et j’en oublie de vous parler de l’histoire en elle-même.

Lula vient donc de mourir. Elle laisse derrière elle des parents, des amis, notamment ses deux meilleurs amis, Nell et Sullyvan. Deux êtres aux antipodes l’un de l’autre et qui, jusque-là, n’avaient qu’un point de connexion, leur amitié pour la pétillante et remuante Lula.

Entre eux, le courant n’est jamais passé. Au mieux se sont-ils tolérés, à coup de piques et de douces vacheries.

Selon toute logique, dès qu’ils auront rendu les derniers hommages à leur rayon de soleil, ils se sépareront, sans remords ni regrets.

Mais c’est compter sans le tempérament de feu de Lula qui a une dernière volonté très spéciale. Douze rendez-vous, un par mois, en tête à tête, jusqu’au premier anniversaire de sa disparition.

Pour garder son souvenir vivant plus longtemps? Pas seulement. C’est que Lula la fonceuse avait une vision assez claire de ce qu’elle voulait pour ses amis « après ».

Et elle en est persuadée, la relation chien-chat de Nell et Sully n’aurait besoin que d’un petit coup de pouce pour évoluer. Un coup de pouce, quelques complices et douze rendez-vous?

Quelque chose comme ça.

Alors commence une folle année, faite de faux pas et de marches arrières, de timides avancées et de vilaines incompréhensions, de moments de grâce et d’atterrissage sous fourme de crash et je me suis prise, comme Nell et Sully, à guetter les courriers et les missions toutes plus touchantes, folles, drôles, romantiques ou bouleversantes que Lula a concoctées pour eux.

D’ailleurs, le roman est organisé autour de ce drôle de calendrier et de ce qu’il apprend à nos personnages.

On pourrait trouver l’idée gênante, même un peu glauque, tant la présence de l’absente est sensible. Mais il y a tant d’amour dans cette « mission d’outre-tombe » que je l’ai trouvée très belle.

Mais cette année de reconstruction est également une année de transition, de remise en cause. La mort est l’une des causes de ces bouleversements, mais pas seulement. D’une plume sensible et précise, l’auteure, dont je ne connaissais pas encore les écrits, évoque aussi des thèmes lourds comme la maladie ou la capacité à surmonter le passé, mais aussi d’autres plus légers comme la naissance d’improbables amitiés, le trop plein de tentations amoureuses ou l’improbable talent culinaire des jeunes institutrices.

Je me suis demandée à plusieurs reprises si c’était la mort de Lula et la tsunami qu’elle représente qui permettait à nos personnages de s’émanciper de leurs peurs et de leurs fardeaux, d’aller de l’avant, ou si ce roman était une tranche de vie dans un contexte particulier.

J’aime à croire que dans tous les changements, bons ou mauvais que rencontrent Nell et Sully, il y a un peu de l’impulsion du départ précoce de leur amie et de cette certitude qu’il faut profiter de la vie tant qu’elle nous en donne les moyens.

Mais bien sûr, ce roman est aussi une très belle histoire d’amour. Une histoire qui sur le papier n’a aucune chance, qui dans les faits ne coule pas de source non plus. Parfois, elle donne au lecteur, comme à Dani et Jasper, les meilleurs amis de Sully et Nell une envie ardente de les secouer. Mais c’est cet illogisme, ce manque de certitudes, ce petit truc bancal qui, selon moi, donne toute la force à l’aventure.

Parce que finalement, s’engager -ou pas- dans une histoire, c’est toujours prendre le risque de combattre ses peurs et ses craintes pour plonger au coeur de l’inconnu et y trouver une lumière intense … ou un pot de glace menthe chocolat.

Là encore, les mots de l’auteure sont puissants et délicats. Ils ont en tous cas su me parler. Jugez plutôt ce passage qui me semble si bien résumer le tout

Si tu étais un élément, tu serais le vent, souffle-t-elle. Parfois tu es une brise légère qui me caresse la peau. D’autres fois, tu n’es plus qu’une rafale qui fait tout valser sur son passage.

Start Again, Octobre chapitre 2

Et par-delà la description d’une relation, c’est, selon moi, un condensé parfait des émotions que ce roman m’a fait traverser.

Je l’ai dit en préambule, je l’ai lu en des heures où lire un roman qui parle si bien de la mort n’était pas forcément la meilleure idée du monde.

Mais à travers l’histoire de Lula, si vivante dans les mémoires, de Nell et Sully qui apprennent à vivre mieux, parce qu’ils ont la chance de poursuivre la route, de Jasper et Dani qui trouvent un sens à une existence qui n’en avait peut-être pas tant, j’ai reçu un baume au coeur.

Et c’est la raison pour laquelle, quel que soit l’événement majeur de votre moment, je ne saurais que vous recommander de plonger dans ce livre, véritable ode à la vie et à l’envie de la croquer à pleines dents.

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