Sex Friends pas de contraintes que du plaisir bonus #2: ce que j’aurais voulu te dire

Bonsoir à toutes et à tous

Aujourd’hui est un jour un peu spécial. Sex Friends est sorti depuis 1 mois et un jour et c’est mon anniversaire. Vous avez été très nombreuses à me le souhaiter et ça me réchauffe le coeur.

Alors pour vous remercier, je voulais partager avec vous un second bonus. Attention, celui-ci est au coeur de l’action.

**************Attention spoilers**************

Si je vous parle des mots de Dexter qu’Aurore aurait bien aimé entendre, de ceux qu’il a prononcés à l’hôpital, vous avez rêvé de les connaître, de savoir le fond de la pensée de notre beau tatoueur??

Vous êtes au bon endroit, c’est maintenant!

Chut, écoutez, Robin a la parole.

Bonus Que s’est-il passé dans la chambre

Robin

–Dex’, c’est bon, j’ai des infos !

Je m’arrête net dans la rue, manque faire tomber mon portable quand l’homme pressé dans mon dos me percute. Je m’excuse à peine, trop occupé à reprendre mon souffle. J’ai l’impression qu’il me fuit depuis le dernier coup de fil d’Angie.

Depuis qu’elle a appelé pour me raconter sa discussion avec Aurore, sa rupture amicale après la nôtre, ces lamentations interrompues par un bruit apocalyptique. Celui d’un fracas de tôle et de verre brisé.

Je me suis aussitôt jeté sur mon appareil et j’ai fait ce que je m’étais juré, quelques minutes plus tôt, de ne plus faire. J’ai composé son numéro, une fois,  deux fois, dix fois, en vain.

J’ai travaillé dans un état second ce matin pour finir ce tatouage. Pas un instant je n’ai pensé à planter mon client. Et pas seulement pour le risque financier ou sur ma carrière. Pourtant ! Tatouer, sous l’œil des caméras, une star de la pop américaine, pour les besoins de son nouveau clip, c’est un vrai challenge professionnel et un sacré coup de projecteur sur ma carrière. C’est surtout la seule chose qui, ce matin, pouvait m’occuper assez pour museler l’angoisse, un petit moment.

J’ai été plus crispé qu’hier ? Moins causant ? Plus rude peut-être. Theon Moon, mon modèle du jour n’a pas bronché. Un mec sympa qui voulait un recouvrement. Il a fait le premier tatouage pour ne pas oublier la mort de sa femme. Le second célèbre une renaissance, la sienne et celle de son cœur, capturé par une autre.

C’est ce que raconte son clip, c’est ce que j’encre sur sa peau. C’est ce que j’ai cru atteindre, … du moins jusqu’à ce matin, …

Bordel ! Lorsqu’il m’a parlé de sa nouvelle femme, pour laquelle il fait ce tatouage en secret, j’ai dû prendre une pause. J’ai préparé ce tatouage en pensant à Aurore. Je l’ai commencé hier avant de la retrouver. Je le finis aujourd’hui alors que je l’ai perdue. Que je l’ai virée de ma vie avant qu’elle finisse de tout y détruire. Pourtant jusqu’à la dernière seconde, j’ai failli céder. Quand j’ai senti sa peau contre la mienne, son souffle laborieux, ses efforts pour rester digne. Tout ce qu’il y a de protecteur en moi s’est rebellé pour y croire encore, pour nous accorder une chance. Encore une chance. Une dernière chance. Jusqu’à la prochaine, … Mais c’est mieux comme ça. J’ai fait ce qu’il y avait de mieux.

Partir tant que je le pouvais encore. Comme si je le pouvais…

En un clin d’œil, la réalité me rattrape.

À peine Angie prononce-t-elle le mot d’accident que je sais. Que je me leurre en croyant que je suis autre chose qu’amoureux. Follement. Désespérément. Vainement. Mais irrémédiablement amoureux.

Je reconnais à peine ma voix quand je me décide enfin à l’interroger.

–Tu l’as eue ? Elle va bien ?

–Non, j’ai eu sa mère. Elle a eu un accident. Assez sérieux. Sa voiture est en vrac.

–Je me fous de sa voiture Angie. Elle ? Elle va bien ?

Un petit rire me répond ; triste, déchiré, incroyablement frustrant.

–Tu nous vois, Dex ? Ce matin on l’a jetée toi comme moi et là, on tuerait pour la savoir en bonne santé.

–Angie, je me passe de ta psychologie à deux balles. Dis-moi juste.

Un soupir déchiquète mon thorax. Trop lourd, trop long. Trop désespérant.

–Elle est inconsciente. Elle a des blessures. Mais rien d’irréparable.

Mes jambes chancèlent. Je m’adosse au mur le plus proche et lève les yeux au ciel. Si j’étais croyant, je me fendrais d’une prière. Je ne peux que souffler mon soulagement.

Rien d’irréparable, …. Mais encore ?

–Je n’en sais pas plus. Sa mère n’a pas été très loquace.

–Sa mère ?

–Oui, c’est elle qui a répondu à mes appels incessants. J’ai, … j’ai dû lui en dire plus.

Oh oh, ça ne me dit rien de bon. Non pas que ça me concerne encore. Mais c’est ironique. Elle qui voulait à tout prix garder le secret. J’imagine la réaction de sa mère. Ou pas.

–Elle m’a demandé ton nom. Et m’a prié de te dire que si tu voulais venir la voir, tu serais noté comme son fiancé.

Quoi ? Cette fois, on nage en plein délire. Ou l’état d’Aurore est bien plus grave qu’on ne me le dit, ou Angie n’a pas tout dit sur mon compte.

Hors de question de perdre trois heures sur la question. Je me jette dans le premier taxi qui passe, donne l’adresse de l’hôpital comme si ma vie en dépendait et presse le chauffeur jusqu’à ce qu’il me dépose devant l’édifice imposant.

Angie n’a pas menti. Dès que je donne mon nom, on m’oriente vers Aurore. Une infirmière m’accueille.

–Elle est encore sous sédatifs. Mais elle vous entend. Parlez-lui. Mais ne l’épuisez pas. Une personne à la fois. Sa mère est à la cafétéria pour le moment, vous pouvez y aller. Oh, et le docteur voudra sûrement vous parler.

Ma tête doit être assez expressive, car elle reprend.

–Pour connaître son état d’esprit au moment de l’accident.

J’opine pour le principe, mais je ne vois pas où elle veut en venir. À vrai dire, je ne vois qu’une chose, cette porte qui me sépare d’Elle.

Je retiens un mouvement de recul une fois le seuil franchi. Blême, si on excepte les tâches plus sombres des quelques plaies qui ponctuent son visage, elle semble perdue dans son lit. Son sommeil, artificiel, ne ressemble en rien à l’abandon qu’elle trouve dans mes bras. D’un geste, je me retrouve à genoux près d’elle, une main entre les miennes. Elle est douce, et chaude, et si naturellement à sa place.

–Hey, ma belle au bois dormant…

C’est ridicule, mais en cet instant, elle ressemble exactement à l’endormie du conte. Je me demande si un baiser, … je secoue la tête. On n’embrasse pas une femme inconsciente. On embrasse pas son ex. On embrasse pas celle qu’on aime si fort qu’on doit la laisser partir.

Malgré moi, les mots que je pensais ne jamais lui dire trouvent leur chemin.

–Depuis le premier soir, princesse, tu as mis un beau bordel dans ma vie. Je ne pensais plus avoir de place pour qui que ce soit. Mais tu es arrivée. Je t’ai voulue comme jamais. Je n’imaginais pas à quel point ce serait bon et fort.

Je pensais qu’on passerait un bon moment, sans suite. Tu le sais. C’était mon plan. Quel con ! Comme si tu pouvais n’être que de passage. Et sans bruit, en toute discrétion, tu as pris toute la place. Je sais ce que je t’avais dit. Pas de contrainte. Pas de promesses. Comme si ça pouvait exister quand il s’agit de toi. Des promesses, j’aurais pu t’en faire des milliers. Je pourrais encore les faire.

Te faire rire, te rendre dingue, te faire jouir à en défaillir, te faire sortir de ta carapace. Tu sais le meilleur ? Je pourrais toutes les tenir. Sauf une. Celle où je t’avais dit que je ne m’attacherais pas.

Celle-là, je l’ai foirée en toute beauté. Parce que je suis attaché Aurore. C’est même plus que ça. Je t’ai dans la tête, dans la peau, dans le cœur. Je t’aime mon ange.

Je n’ai pas eu l’occasion de te le dire, même si ça m’a écorché les lèvres plein de fois. Je t’aime princesse. C’est bizarre de te le dire maintenant. Parce que tu ne m’entends pas. Et parce que tu ne l’entendras pas. Jamais.

Parce que je ne veux plus voir dans tes yeux la panique que j’ai fait naître hier quand on a vu tes copines. Parce que je refuse de t’écarteler sans cesse entre celle que tu aimerais être et celle que tu t’imposes. Alors je vais abandonner la partie. Ça me rend fou. Mais je t’aime assez pour ça. Oui princesse. Si tu ne l’avais pas encore entendu. Je t’aime. Je sais que ça ne sert plus à rien de te le dire. Mais j’en avais besoin.

Je me suis laissé piéger comme un con. J’ai fait ce que je m’étais juré de ne plus jamais faire. La preuve que je n’avais pas tort.

Je t’aime, mais ça ne sert à rien. J’aurais décroché la Lune pour toi. Mais ça paraît difficile de te l’apporter en respectant ton vœu de discrétion absolue.

Un bruit léger me fait sursauter, comme un petit hoquet. Il ne vient pas d’Aurore, qui dort toujours. Non, il vient de mon dos.

Je me retourne brusquement, pris en faute. Face à moi se dresse un clone d’Aurore dans sa version la plus coincée.

Même cheveux blonds disciplinés à la perfection. Mêmes yeux bleus myosotis, quoi que ceux-là soient moins vifs et entourés de fines rides. Aucun doute, c’est sa mère.

Je me relève aussitôt. Non pas que je fasse quoi que ce soit de mal. Angie m’a dit que j’avais le droit de passer et les infirmières aussi. Mais je ne pense pas qu’elle s’attendait à quelqu’un comme moi.

Je n’ai aucune honte de qui je suis. Mais j’imagine que ce n’est pas comme ça qu’Aurore aurait voulu que sa mère apprenne, pour nous deux.

Pour feu nous deux, suis-je obligé de rectifier.

Relève la tête Dex. Tu n’as pas à avoir honte de qui tu es, même face à cette femme !

Je m’avance vers elle d’une démarche assurée et lui tends la main.

Contrairement à mes craintes, elle la serre sans hésitation.

–Bonjour, je suis …

–Robin Choste, le cousin d’Angélique, complète-t-elle à ma place. Je suis Edwige Farni. La mère d’Aurore.

–Sans aucun doute. Elle vous ressemble d’une façon troublante. Je ne pensais pas que vous seriez là. Je voulais juste, vous savez, m’assurer qu’elle va bien.

–Elle ira bien. Pour le moment, les médecins ont préféré lui donner un sédatif. Mais ce n’est qu’une question d’heures. Si vous voulez repasser ce soir ou demain, elle sera plus apte à vous entendre.

Quoi ? Je rêve ou je dois entendre quelque chose comme une bénédiction dans ces phrases guindées ?

Je dois avoir l’air assez perturbé pour avoir droit à des explications.

–Lorsque j’ai parlé avec Angélique, elle m’a expliqué qui vous êtes pour Aurore. Ça éclaire certaines zones d’ombre dans les derniers mois, c’est certain. Et si cela ne suffisait pas, je vous ai entendu, à l’instant. Je ne voulais pas être indiscrète. Mais je suis arrivée alors que vous lui parliez…

Elle semble mal à l’aise. J’imagine que dans sa logique, ça ne se fait pas d’écouter aux portes. À moins que ce ne soit … le reste. Entendre ces mots, venant de quelqu’un … comme moi.

–Je ne sais pas ce que vous avez entendu Madame. Mais je venais lui faire mes adieux. Je ne sais même pas pourquoi je suis venu à vrai dire. J’avais besoin … de savoir que ce n’était rien de très grave et de lui dire ce qu’elle n’a pas voulu entendre.

Je vais repartir et sortir de sa vie.

Face à moi, la version mature d’Aurore écarquille les yeux.

–Partir ? Mais Angélique m’a dit que …

–Que j’ai passé avec votre fille des merveilleux moments volés depuis quelques mois ? Elle a raison. Mais ce n’était que ça. Des instants volés. Cachés. Honteux même, si j’en crois le refus d’Aurore à assumer quoi que ce soit.

–Vous devriez attendre son réveil, …

–Pourquoi ?

Ma voix gronde de douleur et de frustration. Elle fait un pas en arrière. Merde ! il ne manquerait plus que je fasse peur à sa mère. Je recule d’un pas, sens derrière moi le lit où ma princesse repose. Je passe les mains dans mes cheveux, remets ma mèche en arrière et inspire lentement.

–Pourquoi ? Je répète à voix plus basse, plus contrôlée. Elle vous a parlé de moi, de nous ? La gêne ne m’échappe pas. Je hausse les épaules. Hier, je suis venu la surprendre. Je nous croyais d’accord pour passer à la vitesse supérieure. Elle était avec ses amies.

–Agathe et Rose, hasarde-t-elle.

J’opine, sentant ressurgir la rage et la honte qui m’ont assailli en cet instant. Je serre et desserre mes poings.

–Oui, Agathe et Rose. Et savez-vous comment elle m’a présenté ? Comme le cousin d’Angie. Une vague connaissance, un visiteur importun visiblement.

–Elle a dû être prise au dépourvu, plaide sa mère. Je suis certaine que si vous preniez le temps de vous expliquer…

Je soupire.

–On l’a pris ce temps. Hier soir. Je lui ai donné une dernière chance. Parce que je voulais y croire. Ce matin, elle m’a montré que rien ne changerait.

Je viens de laisser entendre à sa mère qu’on a passé la nuit ensemble ? M’en fous ! Si je pouvais, je lui dirais pendant des heures le besoin vital que j’ai de sentir sa fille dans mes bras, dans mon lit, partout où nos corps fusionnent l’un dans l’autre. J’inspire lentement. Inutile de me laisser distraire.

–Vous avez entendu ce que je disais, tout à l’heure. Je ne sais pas ce que vous avez entendu. Que j’aime votre fille malgré toutes les résolutions que j’avais prise ? C’est un fait. Malheureusement. Parce qu’il y a une autre réalité. Elle ne m’aime pas en retour. Du moins pas assez pour faire face à mes sentiments et à sa vie parfaite. Et je ne la forcerai pas à choisir.

Donc, maintenant que je suis rassuré, je m’en vais. Je vous la confie. On ne se connaît pas, vous encore moins que moi. Mais j’ai une requête, Madame. Vous avez élevé une fille parfaite, sans aucun doute. Maintenant, il est temps de lui apprendre qu’elle a le droit d’être moins parfaite, mais qu’elle doit s’autoriser à vivre. Simplement. Peu importe que ça n’entre pas dans un plan de carrière, ou dans les plans que d’autres ont fait pour elle. Elle mérite de vivre comme elle l’entend. Parce que c’est comme ça qu’elle est fabuleuse.

Je ne lui laisse pas le temps de réagir. Je refuse de voir ses yeux brillants. Je m’interdis de tourner le regard vers ma princesse. Si je le faisais, je ne pourrais pas repartir. Or je le dois. Parce qu’on m’attend à cette putain de convention. Mais surtout parce que j’ai fait tout ce que j’ai pu, que j’ai mis toutes mes forces dans la bataille, mais que c’est ma princesse parfaite qui a gagné, par KO.

Je quitte la chambre comme on s’enfuit, bouscule presque deux femmes qui ne retiennent pas un petit cri horrifié.

Je me fige, reconnais les fameuses amies d’Aurore. Un instant, je pense leur balancer en face tout ce que je pense de leur hypocrisie, de leur vie coincée, de la façon dont elles enferment Aurore dans une relation toxique, de celle dont elles ont brisé mon bonheur.

Ce serait vrai et en même temps très faux. Il n’y a que deux responsables à ce fiasco. Elle pour ne pas y avoir cru suffisamment. Moi pour ne pas avoir su la convaincre.

Je m’élance hors de ce service, de ce bâtiment de malheur. Si je m’écoutais, je quitterais même la ville pour me réfugier chez moi. Quoique. Ce ne serait pas assez loin pour oublier tous nos moments à deux. Je réprime un sanglot. La dernière fois qu’on m’a brisé le cœur, je suis parti aux USA. Cette fois, ce ne serait même pas assez pour que j’espère oublier.

Comme si on pouvait oublier Aurore, …

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