À la lueur des étoiles de Marie Sorel

Titre À la lueur des étoiles

Auteur Marie Sorel

Éditeur Librinova

Date de sortie 14 Novembre 2019

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Le monde des livres est parfois fait d’heureux hasards. C’est le hasard qui m’a fait découvrir une partie de mes auteures préférées ces dernières années.

C’est le hasard qui m’a mise sur la route de Marie Sorel et de cette déferlante d’émotions que j’ai suivie, à la lueur des étoiles. Merci au hasard et à son instrument 😉

Ce roman est à la fois un voyage au pays des souvenirs, mais aussi une route initiatique, et même un chemin vers une seconde chance. En tous cas, il a tracé pour moi un périple tout en nuances, où le sourire est régulièrement chassé par les larmes, où le coeur s’alourdit, s’allège, où l’on a tantôt quatre-vingt dix ans, tantôt quinze. Simple et complexe comme la vie en somme.

La vie dont il est question dans ce roman, c’est principalement celle d’Iris. Elle est l’une des narratrices de cette histoire très bien écrite et construite sans temps mort. Elle partage ce rôle d’hôtesse avec sa petite fille Clémence, un personnage attachant au possible, avec ses névroses et son coeur fêlé.

Iris, c’est le modèle de la grand-mère de rêve. Par bien des aspects, elle m’a rappelé la mienne. C’est peut-être l’une des raisons qui expliquent mes réactions démultipliées par la lecture de ce roman. J’aurais pu le dévorer d’une traite. Je l’ai au contraire savouré, reposé pour en digérer les nombreux temps forts, repris parce que je ne parvenais pas à en rester trop loin.

Iris, par son âge, par son état de santé, est plus proche de la fin que du début de son parcours. Elle a vécu plusieurs vies, plusieurs amours. Elle a vécu sa vie pleinement, s’est investie dans tout ce qu’elle entreprenait, sans souci pour sa sûreté et la raison.

Et elle s’est fixée encore une mission avant la fin de la route. Mais une mission pour une telle boule d’énergie et de convictions, ce serait trop peu.

Aussi, si Iris part en pèlerinage sur la route de ses souvenirs, dont elle émaille le récit. Dans cette partie du roman, disséminée tout au long des pages, préparez-vous à un plongeon dans une époque sombre. Mais déjà, le tempérament et la faim de vie d’Iris éclairent ces heures d’amours solaires. Elle y noue des liens d’une rare puissance, des liens comme on en vit qu’une fois. Quoique.

Mais dans son périple, Iris n’est pas seule. Elle emmène son autre mission. Deux cabossés de la vie et surtout de l’amour, deux âmes en peine qui n’ont trouvé qu’une parade à la souffrance, la routine et l’enfermement sur soi, chacun à sa façon.

Là où Baptiste est rigueur et intériorisation, Clémence est névrose et débordements verbaux en tous sens. Rien qui ne survive, ceci dit, à un carré de chocolat partagé avec la bonne personne. J’ai aimé ces deux personnages pour leurs blessures et leur évolution. Et si, à la base, il m’a été plus difficile de comprendre Baptiste, avec quelle facilité je m’y suis attachée, dès lors qu’il a baissé la garde.

Quant à Clémence, elle m’a indéniablement touchée. Le lien indéfectible qui l’unit à sa grand-mère est très beau. Elles sont presque fusionnelles, se comprennent par-delà les mots. Elles sont toujours là l’une pour l’autre. Même si un jour, sans doute très proche, l’une des deux partira. Cette perspective pétrifie Clémence de terreur. Comme elle a pu terrifier chacun d’entre nous quand arrive le temps, …

Mais la jeune femme n’est pas « juste » la petite fille dévouée. Elle est aussi un être qui a souffert et en a conclu qu’une existence tiède et routinière la protègerait toujours des chutes vertigineuses et de leurs fracas.

Chaque crainte la renferme sur elle-même, dans un flot de propos étranges et décousus. Mais si l’on sait passer cette barrière verbale, alors on pourra voir, comme Iris, le trésor que cache ce grand coeur.

Il n’est pas aisé d’en dire plus sans en dire trop. Pourtant, j’aimerais partager avec vous un après-midi dans les tournesols ou les différents coups au coeur que m’ont porté les chapitres les plus forts -soit pratiquement tous les chapitres, à bien y réfléchir.

Je ne vous le cacherai pas, j’ai pleuré dans ce roman plus souvent qu’à mon heure. J’ai suffoqué. J’ai parfois cru que c’était trop pour moi, que les souvenirs qui remontaient faisaient trop mal. Mais c’est tout le contraire. J’ai retrouvé la douceur des moments passés, la nostalgie des jours heureux et une vraie bouffée d’espoir et d’optimiste.

C’est sans doute l’une des leçons que Marie Sorel, à travers sa pittoresque Iris, nous transmet. Que le vie est faite de moments, de rencontres, de bifurcations et de deuxièmes chances. Que même du chagrin le plus profond peut naître la plus grande beauté. Que tout peut recommencer, d’un claquement de doigts, avant même d’avoir partagé une tablette de chocolat.

Avant de conclure cette chronique, je voudrais remercier Marie Sorel de sa confiance et de m’avoir offert cette merveilleuse parenthèse entre amour et nostalgie, au pays des tournesols et des deuxièmes chances, là où l’on peut tout confier à son étoile.

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