La protéger de Caroline Costa

Titre La protéger

Auteur Caroline Costa

Date de sortie 9 Octobre 2019

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Vous avez aimé parcourir Londres, la campagne ardéchoise, la Suisse, des pistes de rallye et la Laponie grâce à Caroline Costa?

Préparez-vous à un prochain voyage dans l’espace et le temps. La protéger, la nouvelle merveille de Caroline nous entraîne en Égypte!

J’entends déjà les soupirs impatients, les petits cris de plaisir tout ça tout ça, …. alors je commence par une confidence qui n’engage que moi, j’ai beau avoir des liens extrêmement forts avec l’histoire, je ne suis pas très férue de l’Égypte ancienne. Ouf, c’est avoué!

Il n’empêche que je me suis régalée avec ce nouveau roman de cette auteure talentueuse qui sait toujours composer des histoires délicates et prenantes, servies par une qualité de plume, en particulier dans les descriptions, qui en fait une incontournable de mes lectures. Lisez le premier chapitre de La Protéger et certifiez-moi que vous ne vous êtes pas crues transportées en plein coeur de Grasse, pour voir ! Pour ma part, j’y étais totalement, parfums floraux et effluves de café en prime.

Caroline me rappelle surtout à chaque fois à quel point j’aime les textes écrits à la troisième personne lorsqu’ils sont aussi attentifs à rendre les sensations et les impressions de chacun.

Et chacun, dans ce roman, ce sont avant tout Fedra Pesquier et Rudi Roberto. Elle, « la petite vendeuse de parfum » est une femme dynamique, cartésienne, redoutée dans son travail pour son perfectionnisme et son caractère bien trempé. Suite à une lourde déception, elle n’adresse plus son affection qu’à son chien Quick, une bestiole particulièrement lunatique mais très attachante et à sa mère Tina. Oui, Tina, parce que c’est ainsi que l’appelle Fédra. Les deux femmes sont diamétralement opposées, mais totalement complémentaires.

Ainsi, si Tina est folle d’Égypte, au point de financer avec sa société de parfums, Vence, une nouvelle expédition scientifique à la découverte des entrailles de la pyramide de Khéops, c’est sa fille qu’elle envoie pour assurer les relations publiques autour de ce projet colossal. Fédra qui, est-il besoin de préciser l’ironie un brin sadique de l’auteure, n’aime ni l’Egypte, ni déranger son petit train-train.

Mais parce que l’Egypte, ce ne sont pas seulement le sable et les vieilles pierres, impossible de laisser une jeune femme sans protection. Outre les menaces terroristes qui pourraient remettre en cause cet investissement inespéré pour un État déstabilisé, il y a aussi ceux qui s’estiment comme les gardiens du passé, ceux qui n’envisagent pas qu’une femme, de surcroît non spécialiste d’égyptologie, ait droit au chapitre, un ministre imbu de sa petite personne. Bref, autant de bonnes raisons qui nécessitent d’octroyer à Fédra un ange gardien.

C’est là qu’intervient Rudi Roberto, journaliste d’investigation côté pile, personnage plus énigmatique côté face. Pas franchement l’homme qu’on envisagerait comme babysitter pour une vendeuse de parfum et son corniaud.

Et pourtant, …. les voies de la romance sont impénétrables, les intrigues de Caroline Costa n’en parlons pas!

Le roman mêle habilement un passé plus ou moins proche, qui éclaire l’histoire et lui donne une certaine profondeur, et un présent qui n’est pas seulement idyllique entre circuits touristiques et rêves de nouvelles découvertes servies par les dernières prouesses scientifiques.

Ce roman est aussi plein de rebondissements. Certains concernent la « mission » de Fédra et de Rudi, aussi peu enthousiastes l’un que l’autre et tout aussi enfermés dans des impératifs qui les dépassent.

Et ce ne sont ni Aziz le chaleureux chauffeur de taxi et ami de Rudi, ni sa femme Soumya, pas plus que Tina qui ne peuvent infléchir la mauvaise huemur du binôme au caractère de dogue. Pas plus que les interventions d’un chercheur français « gentil garçon » mielleux jusqu’à l’écoeurement, ou qu’un chercheur canadien malotru et misogyne, ou qu’une chargée de la sûreté de l’ambassade de France. Entre Fédra et Rudi, les relations sont électriques, mais on est loin du coup de foudre, plutôt la décharge d’un taser réglé en puissance maximale.

Autant dire que les confrontations des deux fortes têtes sont particulièrement savoureuses.

Mais les rebondissements extérieurs, très bien menés et réalistes, ont également un impact sur le binôme infernal et leurs préjugés.

Difficile d’en dire davantage sans dévoiler une partie importante de tout ce qui m’a plu dans cette nouvelle lecture de Caroline Costa (ma sixième si ma mémoire ne me fait pas défaut).

Je vous dirai juste que ce roman est parfait pour les lectrices qui aiment les histoires fouillées et bien construites, où les sentiments et les réflexions prennent le pas sur des orgies de scènes de sexe.

Qu’il nous entraîne entre présent et passé dans une Egypte propre à satisfaire les égyptologues en herbe tout autant que les réfractaires.

Que les personnages, principaux ou secondaires, ont tous de quoi les rendre attachants ou exaspérants, mais qu’ils ne laissent pas indifférents.

Que les rebondissements mêlent fiction et réalisme pour en faire un ensemble très cohérent.

Que j’ai aimé ces personnages principaux qui n’ont rien d’évident, tout autant que la relation particulière de Fédra et de sa mère.

Et s’il restait une critique ? Allez, en cherchant bien j’en trouverais une, qui à mon sens relève pourtant davantage de la qualité que du défaut. En lisant la dernière page, je me suis surprise à en chercher encore, à en redemander et même à me dire. L’Egypte, c’est pour bientôt?

Et ce n’est assurément pas le plus mince exploit de Caroline Costa que je remercie encore, pour sa confiance, pour sa capacité à m’emporter dans chacune de ses histoires et pour toutes ces choses, anodines peut-être mais primordiales, qu’elle reconnaîtra bien mieux que moi.


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