Beautiful Fighter de Kristen Rivers

Titre Beautiful Fighter

Auteur Kristen Rivers

Éditeur Éditions Addictives

Date de sortie 14 septembre 2019

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Lorsque j’ai découvert au printemps l’envoûtant Magnetic Desires, passé un peu trop discrètement à mon goût dans les titres à lire (voir la chronique en suivant ce lien https://melimelodegwen.fr/index.php/2019/03/12/magnetic-desires-de-kristen-rivers/ ), j’ai eu très envie d’en connaître un peu plus sur les personnages secondaires du livre, en particulier sur Adi, Adriana, une jeune femme victime de violences conjugales et qui, à la fin de l’histoire d’origine, décidait de changer radicualement de vie.

Kristen Rivers doit lire dans mes pensées, car c’est justement la jeune Espagnole dont on découvre ici l’histoire. Elle n’a pas fait les choses à moitié dans son besoin vital de changer de vie et s’installe en Australie pour prendre soin de fils de Nitty, une bienveillante Thaïlandaise installée par amour au pays des kangourous.

Mais là où l’impétueuse Adi attendait un jeune enfant, elle se retrouve face à Samaï.

“Jeune enfant” d’une vingtaine d’années, fruit d’un amour métissé, il est surtout un champion renommé en boxe thaïe.

Au premier abord, je me suis dit que sur ce coup, Kristen Rivers était très gonflée. Mettre en contact une femme victime de violences et un homme dont le métier est de boxer, il fallait oser.

Non seulement, elle a osé. Mais en plus elle a parfaitement mené une histoire très attachante, pour laquelle j’ai vibré d’émotions intenses.

En effet, Adi est un personnage intense. C’est une survivante, mais les séquelles des différents sévices qu’elle a subis sont lourds. Ils ont un impact terrible sur sa vie quotidienne, mais aussi dans sa capacité à s’ouvrir aux autres, à faire confiance, ou à réagir à certains événements du quotidien.

Pourtant, loin d’elle l’idée d’attirer la compassion ou pire, la pitié. Elle a un tempérament brûlant qui s’exerce sur tout son entourage. Par peur de souffrir, Adi mord d’abord et réfléchit après. Elle refuse souvent les mains tendues, et bien malins ceux qui arrivent à l’apprivoiser. À l’autre bout du monde, Emi, son amie, sa confidente, sa sauveuse, en est capable. Et dans ce nouveau monde?

J’ai aimé la façon dont Adi s’ouvre peu à peu aux autres, que ce soit Nitty et sa tendre bienveillance, ou Kelly. Mais elle apprend aussi à quitter son rôle de victime. Tourner le dos à son bourreau, c’était déjà un acte de courage et le premier pas d’une reconstruction. Se donner les moyens de résister à tous ceux qui rabaissent, humilient et franchissent ces premiers pas sur le chemin de la maltraitance, c’est un étape en plus qui m’a émue.

Mais une belle romance se compose à deux. Et Samaï est un héros parfait.

Je passe sur l’aspect physique. Mais c’est juste pour que nous restions concentrées sur le reste, parce qu’entre ses iris d’ambre, sa musculature sèche et son métissage, il y a des rêves qui ne perdent rien pour attendre.

Mais Sam n’est pas qu’un corps, ni une simple célébrité -on est d’ailleurs plus proche de la star nationale- ni un portefeuille bien garni. Il est aussi un homme prévenant, auquel on a transmis de belles valeurs. Il a de grandes qualités d’écoute et d’attention. Il est protecteur, mais sans étouffer. Il est rassurant, … quoique. Rassurant dans la mesure où il est prêt à tout pour protéger ce à quoi il tient, mais affolant pour le coeur et les hormones d’Adi qui n’en revient pas d’avoir un coeur capable de s’emballer malgré tout ce qu’elle a vécu.

Et puis Sam est aux antipodes de ce que j’imaginais. Lorsque je pense boxer, je vois plutôt Rémington Riptide Tate de Fight for love. Le genre d’hommes bagarreur, qui règle tout aux poings. Le paradoxe absolu pour Adi et son passé.

Mais Kristen Rivers a effacé mon préjugé par cette discipline où la violence est canalisée et la maîtrise de soi une ligne de conduite.

Entre ces deux forts tempéraments, elle tisse une histoire passionnelle, mais pas seulement. Malgré des moments de tension, l’ambiance n’est pas lourde -en tous cas la majorité du temps, car certains passages m’ont serré le coeur. On retrouve dans ce roman l’humour propre à la plume de Kristen, les allusions à ses pêchés mignons, mais aussi des passes d’armes plus que savoureuses entre les deux fortes têtes.

On croise aussi un koala squatteur, des paysages tellement enchanteurs que l’office du tourisme australien devrait sponsoriser le live, des réflexions profondes sur le monde qui nous entoure.

Mais ce roman, d’une grande richesse, n’est pas que léger et torride. Il est aussi un rappel nécessaire et vital de la maltraitance faite aux femmes et de la difficulté à fuir son bourreau. Cette tension fait peser sur le roman un voile d’angoisse qui ne peut laisser indifférent et rythme les moments de bonheur de l’odieux balancement d’une épée de Damoclès.

Vous l’aurez compris, dans ce roman sensuel et passionné, on vibre, on rit, on tremble, de désir, de peur, de frustration. Mais on aime aussi. Beaucoup. Passionnément. On aime Samaï et sa fiabilité. On aime Nitty et son coeur en diamant pur. On aime Emi et son attention même à distance. On aime Kelly et sa capacité à lire entre les lignes. Et surtout, on adore Adi pour tant de choses. Sa faim de vivre, sa résilience, sa fragilité, mais aussi son courage à toute épreuve.

Et surtout on surkiffe la délicatesse de Kristen Rivers, sa capacité à passer du rire à la gorge serrée, son dos pour caser des Pikachu en des pages improbables, son talent pour faire voyager, et pas seulement en Thaïlande ou en Australie, et pour autoriser à croire aux deuxièmes chances.

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