The initiation d’Erin Graham

Titre The initiation

Auteur Erin Graham

Éditeur Éditions Addictives

Date de sortie 17 juillet 2019

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Quelques semaines après la gifle monumentale que j’ai reçue à la lecture de The Boss (chroniqué ici https://melimelodegwen.fr/index.php/2019/05/12/the-boss-derin-graham/ ), me revoici face à une romance signée Erin Graham. Cette fois-ci, elle nous entraîne dans the Initiation, une histoire où l’initiation n’est pas forcément celle que l’on croit.

Dès les premières pages, nous faisons connaissance avec Divya, vingt ans, une jeune femme un peu coupée du monde et hyperprotégée par son frère, mi bulldog sous emphétamines, mi ange-gardien, qui n’a pas hésité à lui faire quitter la France et ses menaces cinq ans plus tôt. Depuis, ils vivent à Los Angeles. Si Divya reste quasiment recluse chez elle, c’est loin d’être le cas de son frère. Il est compositeur pour des groupes de rock et mène une vie débridée pour deux.

C’est dans ce contexte qu’il rencontre Maël Jones, charismatique bassiste des Skeletons, un groupe en vogue, mais qui, au nom du succès, a perdu un peu de son âme d’origine.

Maël est un homme bourré de talent, de névroses aussi. Un homme qui s’enfile tout et tout le monde, dans une démarche auto-destructrice qui ne lui apporte ni réconfort ni perspective d’avenir. Il tente de fuir son passé traumatique et un présent qui ne lui apporte même plus de satisfaction, sauf pendant les quelques heures sur scène, et encore. Les rares lumières de sa vie sont trop aléatoires pour le tirer vers le haut. À force de se démolir, il risque d’y laisser son âme, voire sa vie.

Autant dire qu’il n’a rien à faire dans le sillage de la lumineuse et innocente Divya. Bien évidemment, dès que ces deux opposés se mettent en présence, leurs corps, leurs âmes et même un peu plus, entrent en collision. La raison dit « fuite », le corps dit « Miam! » et l’âme? L’âme est un savant mélange entre les deux. Elle sait le risque qu’il y a, pour Divya à laisser tant de noirceur entrer dans sa vie, pour Maël, celui de pervertir un être trop pur pour ses démons. On pourrait croire qu’il résiste par dédain pour une « jeune fille ». Mais il y a, au contraire, une forme de sacrifice pour ne pas entraîner Divya du côté obscur. Ce sens du sacrifice qui est, au final, bien plus présent dans l’histoire que le personnage pourrait le laisser penser de prime abord. Mais il devrait rester à distance. D’autant que Lochan insiste lourdement pour la sagesse. Pas sûre que ce soit le plus sage à faire avec un rival et une jeune femme proche de la crise d’adolescence.

À plus forte raison quand les événements vont mener les jeunes gens à vivre plusieurs jours en pleine promiscuité, dans un contexte propice à toutes les folies, au milieu d’une bande de fous furieux, loin de tous les repères et les équilibres.

Autant le dire, j’ai adoré cette partie du roman, parfaitement servie par ce semi huis-clos, malgré l’arrivée de Magnus et Beth, la fratrie terrible. Difficile de se fuir, soi, ses désirs et ses démons, dans ce contexte.

L’initiation commence. Mais une initiation à double sens. Elle concerne autant Divya, pour des raisons évidentes, que Maël d’une façon plus inattendue. Pour sa petite fée, il va devoir remettre en cause tout ce qui fonde sa vie, ses terreurs et ses démons.

Elle dépasse le simple cadre spatio-temporel évident et emmène nos terribles dans un voyage initiatique à travers le monde, mais aussi un périple plus intérieur, avec ses découvertes et ses reculs.

Le tout est guidé, rythmé, scandé, une des grandes forces du roman, par des extraits de poèmes et des paroles de chanson parfaitement en phase, à la fois avec le contexte et mes propres goûts (ce qui ne gâche rien!).

Un conseil d’ailleurs, n’hésitez pas à mener votre lecture en musique, pour celles qui apprécient cette façon de procéder bien sûr.

Dans ce roman, j’ai retrouvé avec un plaisir non dissimulé l’écriture précise et addictive d’Erin Graham, ses personnages profonds et torturés. Une fois de plus, les échanges et les affrontements verbaux sont intenses d’émotions, mais aussi aptes à engendrer le sourire nécessaire pour faire redescendre la pression. Quant à la sensualité qui suinte de tout ce roman, elle est rendue dans une délicatesse et une fureur propres à renverser le cerveau du lecteur.

Pourtant, je dois noter un petit bémol qui m’empêche de classer cette initiation au même rang que ma lecture précédente d’Erin Graham (en même temps, difficile de renouveler ce coup au coeur total qu’a constitué The Boss). Je ne peux pas le décrire en détail sans nuire à la qualité de l’intrigue. Je dirais juste qu’il traite de l’axe sous lequel est envisagée la relation entre Divya et les autres, en particulier Maël. Il est assez loin de ma sensibilité et pour cette raison, j’ai un peu moins adhéré au contenu, même si j’en ai compris les causes, à la fois dans les remerciements de l’auteur, mais surtout en abordant l’une des scènes centrales du roman qui éclaire toute ce parti pris.

Bien évidemment, cette petite réserve ne remet pas en cause mon statut de méga fan d’Erin Graham et elle n’engage que ma propre vision. Rien non plus de rédhibitoire dans cette lecture qui, une nouvelle fois, a eu un impact certain sur ma grasse matinée dominicale.

Il n’empêche que j’ai grandement apprécié ma lecture, que je l’ai savourée jusqu’à la dernière page et que je n’aurais rien contre avoir des nouvelles de certains personnages secondaires, comme Lochan le coeur d’artichaut (toute incitation un peu lourde n’est absolument pas fortuite!) et que je vous invite absolument à entrer, à votre tour, dans la proposition d’Erin Graham et de son Initiation.


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