Dans un battement de coeur de K.L. Shandwick



Titre Dans un battement de coeur

Auteur K.L. Shandwick

Éditeur Juno Publishing

Date de sortie 11 Avril 2019

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Une découverte rendue possible par NetGalley et Juno Publishing que je remercie chaleureusement.

Il peut arriver des tonnes de choses en un battement de coeur. On peut perdre un être cher, voir réapparaître un des piliers de son existence passé. On peut apprendre de terribles nouvelles ou reprendre espoir. Des certitudes peuvent s’effondrer ou au contraire naître

Il s’en passe des choses, en un battement de coeur, …

C’est ce que doit se dire Josephine (Josie pour les intimes), l’héroïne de ce roman. Enfant, elle a vécu la vie des familles de soldats, déménageant au gré des affectations de son père. C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance de Kane. De deux ans son aîné, il ne l’a jamais considérée « que » comme une fille. Pire, ils ont été fusionnels jusqu’à leur départ d’Allemagne. Ils ne se sont revus qu’une fois. Josie avant dix ans, Kane douze. Il venait de perdre de son père. Depuis, il l’a en substance rayée de sa vie.

Jusqu’à ce que, …

Jusqu’à ce que douze ans plus tard, il réapparaisse, leader d’Hedon1sm, groupe de rock. Lui-même est devenu une sorte de fantasme sur pattes auquel nulle ne résiste.

Pour Josie, en couple depuis peu avec Eliott, cette réapparition fait tout ressurgir: l’ami du passé, l’absent de toutes ces années, leur lien fusionnel d’enfant et la dangerosité de l’adulte.

Surtout que Kane reprend contact avec Josie et vient passer avec elle un weekend sulfureux et dangereux.

J’avoue que, arrivée à ce point du roman, j’ai eu un peu peur de la suite. L’intrigue paraissait un peu convenue: l’amour d’enfance qui n’en était pas vraiment un mais si quand même, péché capital rien qu’à regarder, alors à goûter, je ne vous raconte même pas. Le gentil garçon sécurisant, ou pas, et entre eux deux, l’héroïne.

Je l’ai trouvée un peu agaçante, cette pauvre Josie, perdue entre désir et raison, entre l’ancrage profond des valeurs familiales (ne travaille-t-elle pas dans l’entreprise familiale où elle accepte en silence d’être la subalterne ?) et de ses propres règles et tout ce que représente Kane. Elle est pétrie de préjugés et je dois reconnaître que par moments, j’ai eu du mal avec ses réactions.

Elle est plus qu’heureuse de revoir son ami, même si elle se reproche son attirance et vu qu’elle ne cautionne pas son monde, elle le repousse tout en lui reprochant de la rayer de sa vie. Il m’a fallu un certain nombre de pages pour accepter ce dilemme très redondant. De la même façon, j’ai eu du mal à cerner le personnage de Kane. Queutard invétéré, j’ai eu du mal à comprendre ce qui, de ses sentiments ou de sa libido était le plus important, sans compter sa façon de faire du « je pars mais je reste; je suis loin et je m’envoie en l’air mais en fait je t’attendais ».

Bref, pendant un moment, j’ai vraiment flotté dans ce roman, ce qui m’a empêché d’entrer totalement dedans. Ce n’est qu’un avis personnel et je suis sûre que d’autres seront séduites, en particulier par la sensualité torride que l’auteure a su instaurer entre les héros. Pour ma part, c’est davantage la façon de penser des personnages qui m’a freinée. Heureusement, la seconde partie, que je ne peux qu’effleurer pour ne pas spoiler un élément majeur de l’intrigue, m’a beaucoup plus touchée.

Les points de gêne que je viens d’évoquer sont toujours là, en grande partie en tous cas. Mais face à l’imprévisible, Josie révèle tout ce qu’elle avait de meilleur à montrer. Sa force, son sens du sacrifice, l’abnégation qui la force à faire passer tous les autres avant son bien-être. Bref, je me suis réconciliée avec le personnage.

Sa prise de conscience connaît des à coups. Il lui faut encore du temps pour savoir où placer ses essentiels. Et dans cette quête, Kane, toujours autant à contre courant entre son image et son moi profond, est un sacré atout.

Il y en a d’autres, à commencer par Candice, une meilleure amie comme on aimerait tous en avoir, déjantée mais sincère. Elle est toujours là dans l’instant et se montre d’excellent conseil.

Il y a aussi la famille de Josie, ses frères, en particulier le jumeau Jacob, et leur grand-mère hilarante dans son manque de filtre social.

Mais il y a aussi l’évolution de l’histoire en elle-même, que j’ai trouvée touchante et poignante par moments. J’ai enfin pu me retrouver un peu en Josie, à travers ses angoisses, ses doutes et son courage.

Enfin, ce roman peut se vanter de donner très, mais alors très chaud. Si un héros de romance est capable de faire flamber les petites culottes par télépathie, je crois que c’est celui-ci. D’ailleurs, sur ce plan-là, il n’y a pas l’ombre d’une hésitation même pour Josie qui se révèle finalement bien plus angoissée dès qu’elle quitte l’étreinte de son beau musicien.

Au final, je suis un peu mitigée, même si bien entendu, cet avis n’engage que moi. J’ai beaucoup plus adhéré à la seconde partie qu’à la première et si, j’ai passé un bon moment de lecture, je suis passée à côté de ce qui aurait pu être un coup de coeur, d’un battement de coeur sans doute.


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