Etrangers de Cara Solak

Titre Étrangers

Tome 1

Auteur Cara Solak

Éditeur Plumes du Web

Date de sortie 2 mai 2019

Un titre à commander sur Amazon en suivant ce lien https://amzn.to/2UPMhw9

J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de chroniquer ici les publications des Plumes du Web. À chaque fois, j’ai été conquise par la qualité et la variété des histoires proposées.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que cette nouvelle publication est à la mesure des précédentes, une pure réussite. Je suis fan de dystopies, de Fantastique en général et Cara Solak a signé avec Étrangers un livre qui mêle romance et fantastique avec une pointe de dystopie dans un dosage parfait entre toutes ces composantes.

Vous vous pensez prêts? Alors plongeons ensemble.

Bienvenue à Valeria, une des cités construites après la série des grandes guerres qui ont décimé une partie du monde tel que nous le connaissons.

Une ville qui sent bon le calme et l’ordre, aseptisée comme on l’imagine dans une vilaine dictature. La famille Conrad y exerce le pouvoir d’une façon qui laisse peu de place à la contestation. D’ailleurs, si vous vous croyiez dans un état libre, la présence de gardiens à tous les coins de rue vous ramènera dans une réalité cruelle.

Et cette réalité, c’est celle d’une humanité en voie d’extinction et d’une génération sacrifiée.

Le sacrifice, il est surtout pour les femmes fécondes qui doivent assurer l’avenir du monde. Pas de questions de sentiments, mais de procréation entre des adultes scientifiquement déterminés comme compatibles.

Évidemment, pour certains couples amoureux -un sentiment banni de la cité-, la tentation est grande de contourner le système, quitte à bénéficier de quelques complicités internes. Bien sûr, en cas de dénonciation, les complices et les coupables risquent gros, arrestations, interrogatoires, condamnations. Il en est de même bien sûr pour celles qui mettraient un obstacle à la procréation.

Lilas, l’héroïne de ce roman, est un peu de tout ça. Médecin, féconde, amie de couples véritables, elle vit par habitude dans le système, sans le remettre en cause autrement que par de petites entorses qui pourraient néanmoins lui coûter cher.

Tout change lorsque surgit dans sa vie un inconnu aussi inquiétant qu’inexplicablement attirant, Adrien. Adrien vient de l’extérieur, d’un royaume qui tente, avec d’autres, de renverser les cités.

Cette rencontre va poser de nombreuses questions qui rythment ce roman que j’ai eu le plus grand mal à poser. On y pose, évidemment, la question presque philosophique entre vie et survie. « vaut-il mieux mourir debout que vivre à genoux »? C’est l’un des enjeux de toute la première partie de l’histoire.

Il est difficile de s’étendre davantage sans en dire trop et pourtant la deuxième partie m’a terriblement touchée par son sens de la nuance. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Si l’on peut s’accorder à considérer Valeria comme le mal absolu, c’est aussi une zone plus avancée sur le plan technologique et médical, ce qui peut s’avérer plus qu’intéressant en cas de maladie, de blessure, … ou d’accouchement.

Théoriquement, l’extérieur, c’est le bien. Mais la réalité est-elle aussi simple ou ne pourrait-elle céder à la tentation de tomber dans les même travers que ceux que les rebelles combattent?

J’ai vraiment beaucoup aimé cet aspect-là de l’histoire, tout comme la galerie de personnages qui croisent la route de Lilas et auxquels on s’attache. Là encore, tout est dans la nuance. La palme revient à Lincoln dont je me suis demandée une partie du récit si je l’aimais ou pas du tout. Mais on pourrait dire la même chose de Nora, d’Alana et même de Luke et d’Adrien. Oui oui, d’Adrien, le héros charismatique et dévoué auquel Lilas elle-même ne sait pas toujours quel est le degré de fiabilité. Pourtant, rien de mauvais n’advient par lui. Il se montre protecteur, malgré un caractère parfois pénible. Mais Lilas doute régulièrement, sans pour autant pouvoir lutter contre l’irrépressible attraction qui les aimante l’un à l’autre.

De la nuance, je vous l’ai dit!

Et que dire du rythme de la narration? Cara Solak, ceux qui ont déjà eu la chance de lire ses romans, écrit très bien. Ses mots sont précis, ses idées développées clairement et sans artifices superflus. Ses personnages sont fouillés et les idées sous-jacentes plus qu’intéressantes. Mais elle maîtrise aussi un sens de l’intrigue haletant. Ces « étrangers » ne dérogent pas à la règle et une fois pris dans l’histoire, difficile de marquer des pauses. Et que dire du rebondissement final? Celui capable de me faire arriver en retard en réunion pour un motif parfaitement valable, l’incapacité à refermer ce livre sans en connaître la fin?

Rien du tout, ou alors juste un spoil… vivement le mois d’août pour en connaître la suite!

Avant de refermer cette chronique, je voulais remercier Cara Solak et les Plumes du Web pour leur confiance et les heures de plaisir livresque qu’elles me procurent.

N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire