Killer love bonus #2 St Valentin chez les Harton

Avant de lire

Quelle façon de fêter ensemble les deux mois de Killer Love et ce mois de Saint Valentin?

Par un bonus de Saint Valentin, … et pas n’importe laquelle, … Je vous laisse découvrir cette Saint Valentin pas comme les autres!

Bises

Gwen

Saint Valentin chez les Harton

 

–Je te le dis Morsen, elle est toute pourrie ta Saint Valentin !

–Oui mon cœur, je sais. Limite je te dirais que je suis désolé, … Outch !

Un coup asséné directement dans mes abdominaux me montre qu’Alessia ne croit pas du tout en ma sincérité. D’ailleurs, elle reprend d’une voix geignarde qui lui ressemble peu.

–C’est vrai quoi, regarde-moi, je ressemble à rien !

Je pince les lèvres pour ne pas rire. Je crois que le moment est mal choisi.

–Non mais je te jure, pour notre première Saint-Valentin de couple marié, j’avais imaginé, je sais pas, un séjour dans la suite bien-être de notre hôtel en Bavière, …

–Euh, mon cœur, c’est là qu’on a passé notre nuit de noces, rappelé-je d’un ton doux.

Alessia bloque un instant son souffle en gémissant. Je croise son regard plus clair. Je sais qu’elle repense, comme moi, à cette première étape de notre premier voyage officiel. On a pris le temps, sans entraves ni stress, de découvrir la Bavière. Puis ça a été cette quinzaine enchanteresse en Italie avec la plus sexy des guides, brillante conférencière le jour, volcanique amante la nuit.

Ma femme s’apaise quelque peu et recherche mon regard.

–D’accord, mais ne joue pas sur les mots. J’avais préparé un repas de rêve, acheté une petite nuisette parfaite même avec mon ventre de baleine !

–Chut mon cœur. Je suis sûr qu’Elrik se fera une joie de dévorer ton repas. Ça lui évitera un tour aux urgences si Éléa se mettait aux fourneaux. Quant à ton ventre, pas un mot contre lui. Tu es encore plus belle comme ça et rien que pour ça, je penserais bien à, …

Le cri qui s’échappe des lèvres de ma femme n’a rien à voir avec la douleur cette fois. Apparemment, je vais un peu vite en besogne en songeant à renouveler cette expérience.

–Sérieusement ! Regarde ça ! Le cadre est minable, ça fait des heures qu’on n’a rien eu à manger et pardon de te le dire, mais ni toi ni moi ne sommes au comble du glamour !

Cette fois, je ne cherche même plus à retenir un éclat de rire. C’est tout ma magicienne, ça, de se préoccuper de ces détails, maintenant.

Encore une fois, Alessia se tend et broie mes doigts avec une force physique qu’elle n’a que rarement manifestée, ou alors seulement les deux fois où elle m’a giflé. J’attends que le calme revienne et prends ma voix la plus calme pour reprendre.

–Pourquoi, je ne te plais pas, comme ça ? Minaudé-je en arquant exagérément les sourcils qui vont se perdre jusque dans mon élégante charlotte en papier vert.

–Le pire, c’est que même comme ça, tu es beau, pff, aucune justice, mais elle ne devait arriver que dans deux semaines, au cas où pour ton anniversaire, mais pas aujourd’hui.

–Quoi ? On aurait fait un bébé qui n’obéit pas aux consignes et qui n’en fait qu’à sa tête ? Et tu en es surprise, sérieusement ?

Ma tendre moquerie arrache un sourire à Alessia. Elle n’a même pas le temps de rétorquer. Une nouvelle contraction lui arrache une longue plainte.

Aussitôt sur le qui-vive, je plonge mes yeux dans les siens pour ne pas la laisser perdre pied dans sa douleur.

–Ok mon cœur, respire lentement. Suis-moi, je suis là.

Je caresse ses cheveux moites , lui offre mon visage le plus serein tant qu’elle en a besoin. Inutile que ma femme sache que je souffre à en crever de mon impuissance face à sa douleur, et que je suis mort de trouille de n’avoir aucune prise sur les événements en cours.

La vague reflue. Les appareils en place montrent que le rythme cardiaque de ma magicienne reprend un cours plus normal. Je regarde à peine ma montre. Je sais déjà ce qu’elle va me dire.

Depuis douze heures que ma vaillante se bat comme une lionne, je parviens presque à identifier les signes, les rythmes. Et les choses accélèrent … Visiblement mon observation ne doit pas être trop mauvaise, à en croire la voix douce et pleine de maîtrise qui vient briser notre cocon.

–Alors, Alessia, si on voyait où en sont les choses ? Rappelez-vous notre pari de ce matin. Quitte à gâcher votre super Saint Valentin, autant que cette princesse pointe le bout du nez aujourd’hui. Ce serait un super cadeau, non ?

Devant cette perspective, Alessia redevient ma guerrière, mon intrépide capable de tout braver, les dangers et ma cuirasse, pour atteindre son but. La peur, la douleur, la fatigue, tout s’efface pour ne laisser place qu’à l’essentiel. Et l’essentiel est pour bientôt à en croire les consignes, claires et maîtrisées de la sage-femme.

L’œil du professionnel prend un instant le relais. La jeune femme, petite trentaine à première vue, distribue les consignes d’une voix égale, dirige ma femme avec une douce fermeté à laquelle celle-ci ne peut se dérober. Moi-même, je me laisse entièrement guider. Et pas seulement parce que cette femme est la seule de nous deux à être capable de faire naître mon bébé en toute sécurité.

Les minutes suivantes semblent durer des heures. Je perds le compte entre les consignes, les cris et les encouragements. Je suis tétanisé par une terreur à l’état brut, telle que je n’en ai jamais ressentie. Et pourtant, avec la même intensité, je bous d’une impatience que je peine à contrôler.

Plus que tout, je suis entièrement, éperdument, viscéralement amoureux de cette femme qui s’apprête à me faire le plus beau cadeau du monde.

Tout se confond dans une brume improbable. Je vis chaque instant avec une folle acuité et pourtant, je n’entends plus rien jusqu’à un cri rageur qui déchire l’air. Un cri puissant qui s’infiltre dans chacune de mes cellules.

Le cri plein de détermination d’une tornade qui entre dans ma vie comme une déferlante d’émotions. La digne fille de sa mère. Ma fille, ma princesse. Mon joyau qui repose pour l’instant dans le plus merveilleux des écrins, les bras d’Alessia.

Sur la proposition de la sage-femme, je coupe le cordon et regarde, à quelques décimètres de distances, les deux femmes de ma vie faire connaissance. Alessia a raison. Elle ne ressemble à rien. Mais elle n’a jamais été aussi belle.

Je n’ose pas croiser son regard. Je sais trop bien ce qui m’arrive. Je suis en train de craquer, totalement submergé par l’émotion. J’ai besoin d’un instant.

–Morsen, regarde qui est là.

La voix cassée par les heures qu’elle vient d’endurer, mais teintée d’une douceur plus puissante encore que celle qui m’a guéri de tout, Alessia vient me trouver dans mon refuge.

Je plonge sans un mot dans son cou, souffle à son oreille délicate les mots que personne à part elle n’a besoin d’entendre. Je laisse couler quelques larmes également. À la façon dont son corps tressaute, je sais qu’il en est de même pour elle. Un bruit inédit coupe cet instant intime. Mélange improbable de grognement et de petit soupir, il me foudroie sur place.

–Je crois que quelqu’un est pressé de faire connaissance avec son papa. Chiara, je te présente la voix qui te berce depuis toutes ses semaines. Le papa le plus merveilleux, le plus têtu, le plus protecteur et le plus doux que tu pourras trouver sur le continent.

Un jour normal, je lui dirais qu’elle me sous-estime en se cantonnant au continent. Mais je n’ai pas la tête à crâner. Deux yeux si semblables à ceux de sa mère qu’ils me coupent le souffle se posent sur moi.

Ma fille aux cheveux incroyablement bruns, aux doigts si longs et si fins, aux traits délicats. Ma parcelle de perfection. Alessia me tend notre princesse. Le premier contact est une décharge de bonheur pur. Je suis les conseils, et blottis Chiara directement contre ma peau, au plus près de mon cœur.

–Chiara ? Tu veux pas l’appeler Valentina ? Ce serait le jour pourtant.

–On peut le lui donner en second, si tu veux concède Alessia, un sourire tendre sur les lèvres devant notre duo.

J’incline la tête, hume à pleins poumons l’odeur chaude de Chiara Valentina Harton, ma fille, mon bonheur.

–Vous avez été au top Alessia. Et disciplinée, avec ça. Heure de la naissance 23 h 56, le 14 février. Un cadeau de Saint Valentin que vous aurez du mal à égaler.

Ma femme m’adresse un sourire moqueur. Un nouveau défi à relever pour la combler ? Je pourrais l’assurer que je ferai mieux encore l’année prochaine, mais je hoche la tête. Échec et mat, Madame Harton, jamais je n’égalerai cette saint Valentin.

Un sourire satisfait sur le visage, Alessia ferme un instant les yeux.

Oh non, rien ne sera plus réussi que cette Saint Valentin.

Une victoire par KO des femmes Harton, de mes magiciennes, de mes amours!

 

 

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