The boy next room, vol 1 d’Emma Green

Titre The boy next room

Volume 1/4

Auteur Emma Green

Éditeur: Éditions Addictives

Date de sortie 15 janvier 2019

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Retrouver une série d’Emma Green? Gage de bonnes heures de lecture! Une histoire de stepbrothers? Si je dis Tristan Quinn et Liv Sawyer, l’accélération du rythme cardiaque, mains moites, papillons dans le ventre et étoiles dans les yeux ? Voilà, nous y sommes, à la raison pour laquelle, avant même de me jeter dedans, je savais que ce boy next room serait assurément la très belle série à découvrir en ce début d’année.

Encore une histoire de stepbrothers, écrite par les Emma Green, diront des esprits chagrins? Oui. Mais non.

D’abord parce que notre duo sait se réinventer en s’appuyant « juste » sur les incontournables: une écriture vive au rythme enlevé, des personnages à la langue bien pendue, des situations certes imaginaires mais pas non plus totalement inconcevables, et des histoires qui emballent le coeur.

Et celle-ci promet de l’emballer souvent, intensément, pour notre plus grand plaisir.

Cette nouvelle histoire tourne autour de Céleste, probablement l’héroïne la plus cabossée de l’univers Greenesque (et pourtant, on en a croisé un certain nombre de jeunes filles éraflées par la vie, meurtries par leurs sentiments, chamboulées par des choix qu’on leur a imposés). Je pensais que Cali (l’héroïne d’Âmes indociles) était la plus abîmée. Attendez de découvrir la rousse et anticonformiste Céleste, balancée à l’autre bout du globe comme un objet encombrant et impossible à intégrer dans le décor d’une famille modèle et on pourra reparler d’héroïne en vrac!

Et clairement, c’est l’une des raisons pour lesquelles Céleste m’a tout de suite touchée. Tout en elle gratte et accroche. Au premier abord, c’est un chardon trempé dans du sumac vénéneux. Le genre de porc-épic qui dresse suffisamment ses piques pour tenir chacun à distance. Mais lorsqu’on trouve le défaut de l’armure, … alors on trouve une adolescente en souffrance, qui peine à trouver sa place, l’exposition aux regards et la façon de gérer ses propres sentiments. Haïr d’emblée sa nouvelle vie? Laisser l’ombre d’une chance aux intrus qui y déboulent sans crier gare, mais avec de vraies bonnes intentions? Écouter la voix de la raison? Ou ce que lui hurle son instinct?

Bref, c’est dans un cerveau rarement au repos que nous plongeons avec délice et inquiétude.

Par touches, on découvre les raisons qui l’ont ainsi écorchée. Les premières pages nous en livrent la première. Elle quitte Paris avec finalement peu de regrets, mis à part celui de laisser son meilleur ami auquel elle n’est plus reliée que par une connexion Internet dépendante des désirs maternels du jeune homme et la douleur d’être rejetée par l’être qui, selon l’ordre naturel des choses, aurait dû la défendre de tout, des autres et d’elle-même.

Si sa mère donne l’impression de s’en être débarrassée, il ne faut pas croire pour autant qu’une grande banderole de bienvenue l’attend aux antipodes. Oui oui, aux antipodes. En Australie! le pays des kangourous et des Walabys, pas le plus recommandé pour une rouquine a priori.

Pourquoi l’exiler à l’autre bout du globe? Parce que c’est là qu’habite son père Bailey Farrow. Un père qu’elle n’a vu qu’une fois en dix-huit ans, … soit à peine plus que sa mère. Car Céleste est le fruit d’une liaison passagère de sa mère et d’un homme très très marié à la glaciale Georgia. Glaciale? Descendez la température polaire de 30 ou 40° encore et vous vous approcherez.

Évidemment, la carriériste Georgia, dont les moments de présence sont aussi rares que destructeurs, ne voit pas d’un très bon oeil l’arrivée de cette enfant illégitime au milieu de ses quatre fils. Oui oui, quatre garçons!

C’est dans une tribu qu’arrive Céleste. Et une tribu qui ignore qui elle est. Asher le serviable, River le ténébreux, Jagger le dragueur et Kasper le cerveau de la bande (visiblement on aime les prénoms en « er » dans la famille!) ont tous une personnalité bien marquée et un chien à l’avenant. Les auteures ont vraiment bien travaillé sur tous, attachants à leur façon et aucun de ces personnages secondaires n’est négligé, ni dans la fratrie, ni dans l’histoire, ni bien sûr dans le fonctionnement de la tribu.

Il faut aussi le préciser, la famille fonctionne de façon « particulière ». Au planning et au sifflet, prise entre le lycée ou les études, les loisirs et le parc animalier que gère Bailey. Pas facile quand, comme Céleste, on n’aime ni le grand air, ni les animaux.

Ça, on ne peut pas se le cacher, les Emma Green n’ont pas été tendres avec leur héroïne: un passé chaotique, un déracinement, une tribu où elle doit jouer le rôle de l’invitée, des frères tous plus attachants les uns que les autres, même River, surtout River, une sorte d’alter ego qui ne rentre pas dans le moule et a eu son lot de bêtise. Pour elle comme pour nous, difficile de sonder ce personnage, tantôt exaspérant tantôt attentif, définitivement sexy, au point de faire naître chez Céleste des sentiments aussi explosifs qu’interdits.

Cette attraction est évidemment une part non négligeable de ce premier tome. Et pourtant, il est aussi celui d’une reconstruction, d’un début de guérison. Aussi improbable que cela puisse paraître, Céleste semble trouver sa place du moins jusqu’à ce que, …. Bien entendu, des péripéties explosives rythment ce premier épisode et me rendent particulièrement impatiente de découvrir le suivant, dans une petite quinzaine de jours.

Pourquoi? Pour toutes les raisons qui poussent à se jeter sur ce nouvel Emma Green?

Un petit récapitulatif?

Parce que je suis toujours aussi fan de leur plume.

Parce que la galerie de personnages est attachante et qu’il me tarde de mieux découvrir chacun (si cet argument apparaît comme une suggestion légère de spinoff à venir, … ce n’est pas un hasard! Je précise à tout hasard, bien sûr! ). Voir s’emballer Asher, le roi de la maîtrise, stabiliser sur une seule fille le bouillant Jagger et faire perdre la parole à Kasper, … je vous laisse voir.

Parce que la romance qui s’amorce sera sans aucun doute une des plus tendues des séries déjà publiées et que mes neurones s’agitent déjà à Mach 2 pour imaginer comment la situation va se décanter.

Parce que le décor et le contexte me dépaysent et que ça fait du bien (même si Keywest restera toujours mon petit coin de paradis)

Parce que River !!! Cet argument vous paraît un peu faible? Allez donc découvrir le beau, magnétique, ténébreux, affolant, horripilant et irrésistible River Farrow et on en reparle. Dans une quinzaine de jours!

Juste le temps de faire monter la délicieuse frustration de l’attente qui, je l’avoue, m’avait manqué.

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