Killer love, bonus #1: bonne année

Avant l’histoire.

Killer Love est sorti depuis juste un mois. Pour fêter ça, et vous remercier de l’accueil fait à Morsen et Alessia, je me suis laissée embarquer dans un petit conte de saisons. Juste quelques pages, pour prolonger l’aventure. En espérant que vous aimerez retrouver nos deux terribles, et leur tribu.

Alessia

Début décembre, quelque part dans le Luberon

–Mon cœur, je me demandais, qu’est-ce qui te ferait plaisir, pour le réveillon ?

Quoi ? Mon homme est un dangereux spécimen ! Le seul être que je connaisse capable de me faire subir un interrogatoire alors que mon corps et mes neurones sont encore sous le coup d’un orgasme délirant et que je ne suis même pas encore sortie de la douche où il m’a saisie.

Et pendant que je tente de reprendre mon souffle et le contrôle de mes membres, la tentation sur jambes qui me fait face, regard brûlant et sourire arrogant, ose me poser ce genre de questions ?

Apparemment oui. Pire, il semble, sincèrement, attendre une réponse. Ça sent le piège à plein nez. Généralement, quand Morsen choisit ce genre de moments pour poser des questions importantes, c’est justement parce qu’il sait qu’il pourra m’imposer en douceur son point de vue. Depuis qu’il est mon cadeau quotidien, renouvelé chaque jour, il en est ainsi. En employant cette tactique, il est déjà parvenu à écourter notre séjour écossais, à me convaincre de suivre mon instinct pour entamer les travaux en vue d’ouvrir mes chambres d’hôtes et même d’installer un jacuzzi dans l’ancien jardin d’hiver. Bon, je dois le reconnaître, cette dernière idée tenait du génie, mais chut !

Je secoue la tête, disséminant autour de moi quelques gouttes d’eau.

–Je n’y ai pas vraiment pensé. Pour Noël, …

–La question de Noël est déjà réglée, précise mon compagnon, un sourire énigmatique tatoué sur ses lèvres gourmandes.

–Vraiment ? Je ne me souviens pas, …

–Mes parents nous attendent.

Pardon ? Sous le coup de la surprise, je trébuche en sortant de la douche et seule la poigne très solide et très attentive de mon compagnon m’empêche de tester de près la dureté du nouveau revêtement de ma salle de bains. À la place, je me retrouve plaquée contre la dureté rassurante de la musculature d’acier de mon compagnon.

On aurait pu croire que le repos forcé auquel ses blessures d’abord, sa hiérarchie ensuite, l’ont astreint aurait ramolli son corps d’athlète. Il n’en est rien. Tout son corps est ciselé. J’ai beau en avoir appris par cœur les tracés et les déliés au cours des moments débridés que je vis avec lui, j’en reste toujours saisie.

En cet instant encore, son corps à moitié nu, contre le mien encore frémissant de plaisir et de gouttes d’eau, …

Je me reprends in extremis en me rappelant sa phrase précédente.

–Tes parents ? Nous ? Moi ? Noël ?

Morsen éclate de rire, de cette vague bouillante qui dévale sur ma peau et liquéfie toute ma volonté.

–C’est le nouveau jeu du matin ? « Fais des phrases avec les mots que je dis » ? se moque-t-il tendrement.

Je le repousse, pour la forme, essaie de reprendre le fil de mes pensées.

–On se rejoindra tous, chez mes parents, pour fêter Noël, précise-t-il.

–Mais, mais, … Je m’efforce d’ordonner mes pensées sous le regard tendrement moqueur de Morsen. Quand comptais-tu me le dire ?

–Je ne te l’avais pas dit ? Demande-t-il en ne cherchant même pas sérieusement à feindre la surprise. Va savoir, peut-être que j’attendais d’être à l’aéroport, répond-il guère plus sérieux. Ce n’est pas comme si tu étais incapable de choisir ta destination à l’instant d’embarquer, souffle-t-il en me dérobant un baiser.

Sa façon de me rappeler mon opération commando de l’été dernier lorsque le vol de retour vers Marseille s’est converti en expédition de la dernière chance à Edimbourg.

–Mais, ils savent que je viens ? demandé-je d’une voix peu assurée.

Conscient de mon inquiétude, Morsen délaisse son ton doucement moqueur pour m’envelopper dans une serviette brûlante et relever mon menton vers lui.

–Sachant que ma mère m’a dit, à peu de choses près, que je n’avais pas intérêt à venir sans toi, je crois pouvoir t’assurer que, non seulement ils savent que tu viens, mais qu’ils en sont très, très heureux. Ne t’inquiète pas, mon cœur. Ma sœur t’adore, mon frère t’idolâtre, mes parents t’attendent comme un miracle incarné, …

–Tout pour que j’aborde ce réveillon sans pression !

Je plaisante, mais intérieurement, je tremble d’émotions.

Bien sûr je connais Elrik depuis qu’il a assuré ma protection en Allemagne. J’ai vécu avec lui des moments si intenses qu’ils ont tissé des liens plus forts que dix ans d’amitié. Quant à Kristen, elle a été un coup de foudre presque aussi fort que celui que m’a inspiré son frère.

Mais leurs parents !

–Et s’ils ne m’aimaient pas ?

–Même s’ils ne t’aimaient qu’un pour cent de ce que je t’aime, tu serais la belle-fille la plus adorée du monde, me rassure-t-il en ponctuant sa phrase de baisers légers. Ne te soucie plus de Noël. Je pensais au réveillon du Nouvel An. Notre premier réveillon ensemble. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? Edimbourg ? La Bavière ? J’ai entendu dire que certains hôtels ont des chambres avec une vue incroyable.

Je frémis au souvenir de cette chambre d’hôtel avec vue sur Neuschwanstein. Cette suite où j’ai vécu l’une des nuits les plus intenses et les plus désespérées de ma vie. Celle où j’ai réalisé avec la même puissance la force de mon amour pour Morsen et la terreur de le perdre définitivement.

À cette idée, je suffoque et me raccroche presque frénétiquement aux épaules de mon compagnon.

–Là, là, chuchote-t-il en m’enlaçant plus étroitement. Ne tremble plus, Sia. Si on y allait, je te jure que rien au monde ne pourrait me faire fuir au matin. On peut aller en Italie, ou vers une destination plus exotique, propose-t-il, même si sa mine plus fermée montre que ce choix n’est pas son favori.

Ça tombe bien, moi non plus. J’ai bien une idée, mais je ne voudrais pas la lui imposer.

Il fait déjà tant pour moi !

–Et toi, qu’est-ce que tu aimerais ? Qu’as-tu l’habitude de faire ?

Morsen prend un instant pour réfléchir. J’en profite pour m’habiller rapidement et rejoindre le salon où une flambée me donne des envies de câlins sous un plaid.

–Les dernières années, explique-t-il sombrement, je travaillais. Le réveillon m’indiffère, vraiment. Autant j’attache de l’importance à Noël, autant la Saint-Sylvestre, … Du moment que tu es dans mes bras au moment de glisser dans la nouvelle année, … Mais c’est de toi qu’il s’agit. Je ne voudrais pas t’enfermer, …

–Vraiment ? Tu n’envisagerais pas de m’enfermer dans une chambre avec un lit très grand, très confortable et de très longues heures devant nous ? minaudé-je en me laissant un peu couler sur le sofa dans une attitude qui ne laisse aucun doute sur mes projets.

–Si tu me lances dans cette idée, rétorque Morsen de cette voix grave qui a le don de me chambouler jusqu’au plus profond de mon être, on va réveillonner pendant quelques mois. Non, plus sérieusement, ce réveillon sera peut-être notre dernier tous les deux en tête-à-tête.

Oh là ! Cette phrase me tombe dessus comme une douche froide. Je me redresse vivement et reprends malgré moi un peu de distance. Je sais quel est le métier de Morsen. Tôt ou tard, il repartira en mission. Peut-être même en infiltration. J’en ai accepté le principe quand je l’ai rejoint en Écosse. Avant d’accepter notre couple comme une évidence, il a tenu à être totalement transparent. Et j’ai accepté. Son métier est une partie de sa vie. Hors de question de l’en amputer. Mais de là à projeter des futurs réveillons seule, à espérer qu’il ne lui arrive rien, il y a un pas qu’il m’est difficile de franchir ce soir.

D’une voix que je m’efforce de garder neutre, j’acquiesce.

–Je suppose que l’an prochain, tu seras en mission.

–Quoi ? Non ! Morsen s’insurge et prend mon visage en coupe pour emprisonner mon regard et mon attention. C’est bête, mais j’adore ce geste qui m’assujettit à lui, comme s’il en était besoin.

–Je ne repartirai pas en infiltration, Sia. J’en ai parlé avec mon chef cette semaine, je vais aménager mon poste. Je veux un minimum de danger dans notre vie. Je ne prendrai plus de risques inconsidérés. Pas depuis que j’ai tant à perdre. Je voulais juste dire que, si tout se déroule selon mes vœux, l’an prochain, on sera peut-être trois, ou au moins deux et demi, …

Oh. Mon. Dieu ! Bénies soient toutes les divinités qui ont mis sur ma route un homme capable de chambouler toute ma vie d’une simple phrase !

Une boule d’émotion monte jusqu’à ma gorge et n’attend qu’un signe pour s’épancher en lourdes larmes d’émotions. Oh non, Alessia ! On ne pleurniche pas face à ce genre de déclaration.

Je laisse échapper un petit rire que Morsen n’attendait pas. Quoique. Me connaissant, il a dû se préparer à toutes les éventualités.

J’opte pour l’humour.

–Qui êtes-vous ? Et qu’avez-vous fait de l’indépendant Morsen ? Celui qui refusait de faire le moindre plan d’avenir ?

Je ricane pour le principe, mais mon cœur bat la chamade. D’ailleurs, Morsen ne s’y trompe pas, qui plonge son regard au plus profond de moi, là où personne avant lui ne m’a jamais rejointe.

–Il paraît qu’il a rencontré une magicienne, ou une fée, va savoir, qui a pris une telle place dans sa vie qu’il n’envisage plus de respirer sans elle et qu’il est sûr que la seule chose qui pourrait le rendre plus heureux encore serait de tenir dans ses mains un ou une mini nous.

Oh là là ! Et dire que cet homme a prétendu qu’il n’était pas du tout romantique ? Je tente désespérément de faire bonne figure alors que mon cœur fond un peu plus encore. Si j’étais moins bouleversée, j’admettrais qu’il me fait cet effet chaque jour ou presque. Mais en cet instant, je cherche juste à lutter contre les larmes de bonheur qui montent en jeyser et débordent de mes yeux en deux ruisseaux de bonheur.

Et Morsen dans tout ça ? Je devine à travers mon regard brouillé que son sourire est toujours solidement ancré sur son visage régulier, mais que son regard a pris une teinte plus profonde, ma définition du ciel de paradis.

**

Alessia

La Bastide, Nuit du Réveillon, autour de Minuit

La nouvelle année vient de pointer le bout de son nez. Je l’accueille dans une étrange euphorie.

Mis à part un petit détour au marché ce matin, une promenade dans la propriété couverte d’une légère couche de neige, aussi rare que féérique et un goûter apéritif avec Félix et Marielle, personne n’est entré dans notre bulle. Entièrement pris l’un par l’autre, nous avons failli rater les douze coups. Les premiers feux d’artifice du village voisin nous ont tiré de notre semi-torpeur. Alanguie dans les bras de Morsen, en train de picorer les litchis que mon amoureux épluche pour moi, je rechigne à me lever pour savourer le spectacle.

Mais Morsen ne l’entend pas de cette oreille. Pour un peu, on croirait qu’il l’a commandé exprès.

Il referme sommairement le plaid autour de moi, me prend dans ses bras forts.

Je guette avec un instant d’inquiétude les réactions de son corps. Je suis bien placée pour connaître l’intensité de sa rééducation, la façon dont il a œuvré, bien au-delà des préconisations médicales, pour surmonter ses blessures. Je ne peux m’empêcher de guetter une crispation sur son visage régulier, une hésitation, un signe.

–Chut Sia, souffle-t-il en baisant mes paupières. Je peux t’entendre t’inquiéter de là. Je vais bien et rien ne pourra m’empêcher de porter ma femme dans les bras.

Ma femme. Ces deux petits mots me serrent le cœur, comme toujours. Ils n’ont rien d’officiel. Et pourtant, chaque fois qu’il les prononce, je me prends à rêver robe blanche et jeté de pétales de rose, alliances et première danse.

Morsen raffermit sa prise. Je m’inquiète de nouveau de sa douleur. Mais il me sourit de nouveau en désignant du menton les fusées multicolores qui étoilent le ciel.

–Ça en jetterait non ?

J’écarquille les yeux et le dévisage. L’air innocent sur mon visage ne le leurre pas. Je suis prête à parier qu’il sait parfaitement à quoi je pense. J’en viens à me dire que cet homme est doté d’un don de télépathie. À moins qu’il me connaisse si bien qu’il sache anticiper mes réactions et décrypter mes pensées.

Je ne me pose pas davantage de questions. Morsen me pose en douceur sur la balancelle, le premier cadeau qu’il a installé dans notre nid. Dans le meilleur abri du monde, le cocon de ses bras, je savoure ce spectacle. Chaque détonation me fait sursauter et resserre l’étreinte de mon amant. Aucun de nous ne parle, il n’est pas besoin de mots.

Les couleurs se succèdent, les figures aussi. Elles éclairent par intermittence le profil parfait de l’homme auquel j’ai confié ma vie, entre ces murs, alors que tout me poussait à le fuir. Tout à part la certitude viscérale qu’il est mon Homme, celui auquel je dois confier ma vie.

Le bouquet final explose soudain et fait naître en moi les mêmes sensations mêlées que d’habitude. L’émerveillement, la joie toute enfantine le disputent à une forme de nostalgie face à ces instants qui s’éteignent l’un après l’autre pour ne jamais revenir. Seuls les derniers échos prolongent un peu la magie avant que le noir ne se pose, froid et pourtant intime.

 

 

 

 

Je frémis et me rappelle que la température n’est pas tout à fait adaptée à ma tenue.

Morsen rit.

–Viens-là mon esquimaude, tu vois, si tu me laissais installer le sauna dans la remise, …

J’éclate de rire, grisée par le champagne qui a coulé à flots autant que par l’euphorie de la soirée, déjà convaincue que mon têtu ne lâchera pas le morceau tant qu’il n’aura pas fait procéder aux travaux. Je sais que je cèderai, sur ce point comme sur les autres, mais pas sans me faire un peu prier, question de réputation tout de même !

Pour l’heure, je me laisse raccompagner, docile, à l’intérieur, là où crépite un bon feu de cheminée et plus haut, dans notre chambre où je ne doute pas de commencer l’année de la façon la plus addictive.

 

**

Plus tard dans la nuit.

Un mouvement insolite me fait émerger de ma douce léthargie. Allons bon ! Morsen est en train de quitter notre lit en prenant garde de ne pas faire de bruit. Ça me rappelle quelque chose, et pas particulièrement l’un de mes meilleurs souvenirs.

–Qu’est-ce qui se passe ?

Morsen sursaute de mon réveil.

–Ne bouge pas de là. Je ne sais pas exactement, l’alarme silencieuse s’est déclenchée et aussitôt arrêtée.

En un clin d’oeil, je suis sur le qui-vive. L’alarme ultrasophistiquée dont la bastide est équipée a été la condition absolue de Morsen à notre installation. Elle est en principe extrêmement fiable, et raccordée directement au centre opérationnel, à quelques kilomètres de la bastide.

Sans tenir compte de la consigne de Morsen, je me rue jusqu’au coffre où sont rangées les armes. S’il y a du danger, hors de question de laisser mon homme seul pendant que j’attends sagement.

Il secoue la tête devant mon opiniâtreté, me plaque au mur et me fait signe de me déplacer silencieusement.

Je descends l’escalier à sa suite. Soudain, il se fige. Un bruit sourd s’élève dans le salon.

–Putain Bjorn, tu peux pas faire attention ? Autant embarquer un éléphant dans un magasin de porcelaine !

Morsen éclate de rire à l’instant où il éclaire l’étage.

Dans le salon, deux larrons lèvent le visage vers nous, aussi penauds que rigolards.

Elrik et Bjorn sont nos intrus du soir.

–Euh, on vous dérange, peut-être? ricane Elrik en désignant notre tenue. Je réalise seulement ma tenue. J’ai enfilé à la va-vite la chemise de Morsen, que je n’ai même pas entièrement attachée, au moment où je suis sortie de la chambre. À l’exception d’un shorty en dentelle, je ne porte rien d’autre.

Morsen détourne l’attention en attaquant son frère d’un ton faussement énervé.

–Tu n’es pas occupé par ta mission, ce soir ?

–Mais sa mission l’accompagne ! Une voix plus féminine monte depuis la cuisine, un instant avant qu’Éléa, puis Kristen n’en sortent.

Sans prêter cas à ma tenue cette fois, je me jette dans les bras de ma belle-sœur officieuse et gratifie aussi les autres intrus de baisers sonores.

–Quelqu’un m’explique ce que vous faites là ? Fait mine de gronder mon compagnon, incapable toutefois de masquer la lueur joyeuse de son regard.

Chacun se lance alors dans une explication dont ressort une idée essentielle, leur refus de nous laisser seuls et abandonnés pour franchir la nouvelle année.

–Et personne ne s’est dit que c’était un choix volontaire, pour rester en amoureux, quelque chose comme ça ? marmonne Morsen.

Seul un éclat de rire collectif lui répond. Je ne m’y joins pas, par solidarité, mais en soi, je suis plutôt heureuse de les voir.

–Kristen, tu ne devais pas rentrer à Edimbourg ?

Oh oh ! J’ai comme l’impression que la situation va devenir délicate dans les trois secondes.

–J’y repars dans deux jours. Mais quand j’ai appris le projet des garçons, j’ai demandé à Bjorn de m’héberger. Je ne pouvais pas rater ça.

Je retiens mon souffle un instant. Bjorn hébergeant Kristen ? Dans deux minutes, il serait sage de cacher les armes, … ou pas.

–Je te la confie, Bjorn. Veille à ce qu’elle ne fasse pas de conneries, c’est ma petite sœur.

Ladite petite sœur devient écarlate, un coup d’œil à Éléa me certifie qu’elle est également au courant, ce qui expliquerait son petit sourire en coin. Mais mon attention se focalise sur Bjorn.

Que va-t-il faire ? Va-t-il profiter de cet instant pour tout balancer ? Je suis sûre, à son regard, qu’il en meurt d’envie. Il adresse d’ailleurs un long regard à la principale intéressée, en quête de son approbation. Mais Kristen regarde exclusivement ses frères, furieuse de leur excès de paternalisme.

Bjorn soupire bruyamment et se tourne vers ses amis.

–Décidément, à croire que je ne suis bon qu’au baby-sitting. Vous pouvez compter sur moi les gars ! Pas d’alcool, dodo à vingt-deux heures, et je serai le seul homme qu’elle verra.

L’ironie de son ton ne m’échappe pas, pas plus que la contrariété qui assombrit son regard. Les deux frères, par contre, échangent des regards soulagés, à cent lieues d’imaginer le message caché derrière ces mots. Kristen, pour sa part, a rougi jusqu’aux oreilles et se contente de regarder tout autour d’elle.

–Un café ? Je n’ai pas encore de café blond, Bjorn, mais je suis certaine que ce n’est qu’une question de temps.

Mon ami me dévisage longuement. Je lui adresse un regard chaleureux auquel il répond d’un petit sourire. Il n’a pas oublié notre pari. Moi non plus.

Il lui en reste encore pour convaincre Kristen de tout avouer à ses frères et m’abreuver de son infâme breuvage.

–Un café ? S’insurge Elrik ? Nan, on a beaucoup mieux que ça !

Aussitôt, les conspirateurs sortent de leur sac tout ce qu’il faut pour improviser un réveillon tardif. Il va bien au-delà de mes espérances.

Aux petites heures du jour, je vérifie que les chambres d’amis peuvent accueillir nos quatre invités surprise, sans chercher à savoir si des échanges vont permettre à des amants clandestins de se rejoindre. Je me surprends à me dire que je n’aurais pu rêver plus belle manière de commencer cette nouvelle année, cette nouvelle vie.

Une fois tout le monde installé, Morsen me raccompagne dans notre nid. Je m’y blottis dans ses bras, heureuse comme jamais.

–La prochaine fois, je t’enlève sur une île déserte, inconnue des traceurs GPS, maugrée-t-il.

Je ris doucement, cachée au creux de son cou.

–Ne râle pas, je suis sûre que tu as adoré cette surprise !

Morsen ronchonne, mais finit par approuver d’un signe de tête.

–Et puis, il faut bien qu’on s’habitue. Du monde, de l’agitation, du bruit dans la maison, …

–Tu comptes faire des séjours réveillons ? Demande-t-il d’une voix déjà moins alerte, parce que gagnée par le sommeil.

–Non, mais quand la maison sera pleine de mini toi et moi, …

–Quoi ?

Morsen sursaute, se relève d’un bond, me bousculant à demi, avant de se reprendre et de me prendre au creux de ses bras comme une poupée de porcelaine.

–Tu veux dire que tu, … tu es … ?

–Non, pas encore. Mais c’est une idée qui me plaît.

–Tu te sens prête ? vérifie-t-il, la voix pleine d’espoir.

–Je crois. Certains diront que c’est trop tôt, qu’on va trop vite, …

–Je te l’ai dit dès notre premier rendez-vous. Je n’ai pas tellement le sens des convenances. J’irai à ton rythme. Toujours. Mais quand tu seras prête, …

Je conclus sa phrase d’un baiser profond. Pas besoin de planning, de stratégie pour le bonheur que je construis avec lui, ni pour les surprises que l’avenir nous réserve.

Du moment qu’il est celui qui m’y accompagne, je n’ai qu’une certitude: le meilleur est à venir.

 

 

5 commentaires sur “Killer love, bonus #1: bonne année

    1. Merci pour ton retour Soumya, je ne l’avais pas vu, désolée. Non, bb4 ne porte pas sur la fratrie Harton. Et j’avoue que si je cède à mon envie d’y revenir, ce sera plutôt sur bb6 et avant tout sur Elrik. Lui, je sais ce que je veux en faire. Kristen et Bjorn, j’ai quelques idées, mais il faut encore les creuser.

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