Promets-moi d’Anne Cantore

Titre: Promets-moi

Auteur Anne Cantore

Editeur Editions Addictives

Date de sortie 17 février 2018

Titre à retrouver sur Amazon en cliquant ici Promets-moi. Louise et Marco: histoire intégrale

J’ai mis un peu de temps à lire Promets-moi, je l’avoue. A l’attaquer en fait. En effet, malgré ma curiosité marquée, une histoire de mafia basée dans le sud, ça me parlait un peu trop pour risquer de m’y plonger. Et puis, j’ai succombé à mon envie. Grand bien m’en a pris.

Promets-moi est de ces livres qu’on commence paisiblement en fin d’après-midi, et pour lesquels les basses contingences matérielles comme le dîner ou le coucher passent au second plan. J’ai de la chance, la dreamteam en a l’habitude.

Mais revenons à Marco et Louise, les héros de Promets-moi.

Ils sont de ces héros qui se croisent par le plus complet des hasards. Quoique. Tous deux viennent de perdre un parent et se trouvent dans le collimateur de la police qui ne comprend pas trop le lien qui peut exister entre le fils du parrain de la mafia toulonnaise et la mystérieuse chercheure installée depuis des années de l’autre côté de l’Atlantique et qui ne rentre que le temps de mettre en ordre les affaires de sa mère. A moins que, …

Dans ce roman sans temps mort, où chaque description apporte sa pierre à l’édifice et permet de se repérer sans peine dans l’arrière pays toulonnais, même si on n’en est pas familier, Anne Cantore mène un polar romance ou une romance à suspens, en tous cas un livre aussi prenant par la sombre histoire de vengeance et de machination où le danger guette, rôde et s’étend, pesant que par la passion sombre et lumineuse à la fois qui unit les deux héros malgré leurs différences.

Les personnages sont particulièrement attachants. Marco Gardini d’abord, aussi séduisant que sombre et dangereux. Le père qui l’a élevé en a fait son héritier, celui auquel il a transmis son empire et ses valeurs. Il reste fidèle à sa parole, à ses principes. Et même si l’imprévu le force à évoluer, même si ses lignes bougent, du fait des impondérables et de sa propre aventure, j’ai adoré qu’il ne se transforme pas en guimauve dégoulinante.

Face à lui, Louise a été pour moi une révélation. Je la craignais au départ sur le modèle de ces jeunes femmes perdues dans leur monde intérieur et immédiatement subjuguées par le bellâtre dangereux, quitte à abdiquer immédiatement devant ce qu’elles auraient dû exécrer. C’était mal connaître la finesse des personnages d’Anne Cantore. Louise est résiliante, décidée, pragmatique. Même si la passion l’a fait réagir par excès, même si les émotions extrêmes qui la traversent font éclater tous ses cadres, elle fait face avec détermination, prend des décisions qui m’ont coupé le souffle, intègre son rôle comme une évidence, mais sans naïveté.

Il faut dire que dans une scène particulièrement réussie, Marco a fait en sorte qu’elle puisse choisir en toute connaissance de cause.

Et que dire des personnages secondaires? Un « méchant » glaçant à souhait. Jacek Mycielski incarne le Mal. Non pas que Marco soit un enfant de coeur, on est bien d’accord. Mais il y a chez lui une forme de code d’honneur strict, presque rassurant dans le monde où il vit. J’ai aussi beaucoup aimé sa famille, dévouée à la vie, à la mort, mais sans tomber dans la caricature. Le rôle de Nonce, bras droit, mais aussi confident, le seul apte à contredire le Padre, m’a particulièrement plu. Il est d’un dévouement absolu, d’une fiabilité totale, et même si son comportement peut faire grincer les dents, il n’a qu’une idée en tête: défendre les intérêts de la famille.

Et puis, parce que Promets-moi est un roman fouillé, on y trouve aussi des personnages « tertiaires ». Deux femmes au passé chargé,mais dont le nom n’apparaît pas comme un hasard dans l’histoire. Même si elles n’y font qu’une apparition, l’auteure a su leur donner une vraie profondeur. Et c’est très appréciable.

Mais comme on n’oublie jamais qu’Anne Cantore a concocté un roman à la trame policière, elle a aussi mis en scène des policiers qui ne sont pas aussi manichéens qu’on pourrait le croire. Le commissaire Parenti est un flic de la vieille école qui connaît les rouages de l’administration et les réalités du terrain. Il a, avec la famille Gardini, une relation qui n’est pas que formelle. Il les connaît assez pour prévoir une partie de leurs réactions, et agir en conséquence.

Il y a aussi son lieutenant, Luka Demange, nouveau venu difficile à cerner. Il a travaillé dur pour obtenir ce poste en particulier. Mais il est un personnage trouble. Par sa fascination pour les Gardani, par son obsession pour une suspecte, par les secrets qu’on ne peut que supposer.

Au final, j’ai dévoré ce livre, cette première rencontre avec la plume d’Anne Cantore et je guette déjà l’occasion de renouveler l’expérience. Tant pis pour le sommeil, ce n’est qu’un détail quand on a la chance de tomber sur une histoire aussi réussie!

 

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