No love no pain d’Angel Arekin

Titre No love no pain

Auteur Angel Arekin

Editeur: BMR

Date de sortie 28 Février 2018

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Lire un livre d’Angel Arekin est toujours une expérience à part. On a beau savoir qu’on va être retourné, bouleversé, « émotionné », on se rend compte quand on referme la dernière page qu’on a été un cran plus loin qu’on l’aurait cru.

Et ce « No love no pain » ne fait pas exception.

Je l’avoue, il est dans ma liseuse depuis le moment de sa sortie, mais j’ai lutté contre moi-même avant de le prendre. Une sorte de timidité face à la première page. Qu’on se rassure. Il ne s’agit pas du tout d’un désamour pour miss Arekin à qui je confierai toujours la rédaction de n’importe quel texte pour décoller, même ma liste de course.

Non. Il y a deux raisons qui m’ont poussée à être raisonnable. La première est mon envie de savourer. No love no pain est le dernier, l’ultime, la fin fin fin fini fini de no love no fear. Et j’ai tellement vibré sur cette saga que je pouvais difficilement envisager de lire les dernières pages.

La seconde? Je l’avoue, une trouille terrible. La trouille d’avoir des réponses à mes questions. La trouille de découvrir les secrets de Maël.

Mais j’ai plongé. Dans le contrôle au départ, et puis, comme toujours, prise par une boulimie et une frénésie à la limite de louper le boulot pour avancer encore un chapitre. J’en ai même oublié mon café, c’est pour dire!

Depuis le départ, le torturé Maël m’inspire des tonnes de sentiments ambivalents. Bien sûr, on pourrait, de prime abord, le détester. Son pacte hypocrite avec Yano. L’espèce de cruauté dont il a fait preuve en retenant Erine loin de l’évidence. La façon enfin, dont il a condamné ses deux amis, les piliers de sa vie, à se haïr et à se punir lors de sa mort. J’ai détesté tout ça. Comme nous tous je crois.

Oui mais, parce qu’Angel Arekin a un don certain pour dépeindre des personnages tout en nuances, j’ai aussi aimé Maël. Parce qu’il a désespérément aimé Rine et que c’est cet amour déraisonnable qui l’a rendu fou. Parce qu’il a marqué ses amis bien après sa disparition. Parce que son âme torturée, malade, n’en reste pas moins attachante. En tous cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti.

Et tout au long de la trilogie, le doute a été savamment entretenu. Maël est-il mort, disloqué au pied de cette falaise? A-t-il survécu? Et s’il a survécu, comment refait-il sa vie? Pense-t-il toujours à Erine et Yano? A-t-il été capable d’ouvrir son coeur de nouveau?

Au moment de rédiger cette chronique, plus encore que dans la plupart d’entre elles; je me suis demandée comment vous faire partager les émotions qui m’ont assaillie à la lecture de ce roman, et les raisons pour lesquelles il ne faut pas passer à côté, mais sans rien spoiler.

Mission quasi-impossible. Quoique.

Pourquoi j’aime ce livre, au moins autant que les trois précédents?

A cause de la couleur de la couverture. Oui, le vert est ma couleur préférée. C’est comme ça. On ne discute pas.

Parce qu’après trois volumes de thèses et d’antithèses, découvrir enfin Maël dans toute sa beauté et toute sa noirceur, c’est juste … wahh

Parce que malgré la longueur des trois premiers opus, j’avais encore faim de Maël, d’Erine et de Yano. Et que cette faim a été rassasiée. Enfin presque. Parce que j’en aurais encore pris pour 10, 20 ou 500 pages. Mais qu’Angel fait partie de ces auteurs qui savent quand s’arrêter, à quel moment la gourmandise deviendrait goinfrerie.

Parce que tous les personnages, connus ou inédits, ont reçu un soin qui en fait des caractères particulièrement forts. Mention spéciale pour un personnage -très- secondaire mais dont le prénom résonne -très- intensément en moi. Bon la prochaine fois qu’elle choisit le prénom d’un de mes enfants, j’EXIGE que ce soit un super perso, adorable, attachant et tout et tout. Mais rien que pour ce petit clin d’oeil, je craque encore plus.

Trêve de plaisanterie. J’ai découvert un Maël plus intense encore que je ne l’imaginais. Intense dans son désespoir, dans son manque d’estime, crispant parfois, touchant souvent. J’ai été plus qu’heureuse de l’aimer, malgré ses failles, autant que je le redoutais.

Parce que le titre de ce livre est une énigme en soi. Pas d’amour, pas de peur, j’avais appris à apprivoiser cette idée. Pas d’amour pas de souffrance, sans doute, … quoique. Et cette sentence presque philosophique n’est jamais très loin de la narration et des sensations qu’elle m’a évoquées tout au long de ma lecture.

Parce que l’histoire est passionnelle, charnelle, désespérée parfois, mais lumineuse par touches; Comme l’un de ces tableaux que Maël pourrait peindre. Le cadre de l’intrigue est presque un personnage à part entière. L’oeil de l’auteur s’y exprime pleinement. C’est une caractéristique que j’aime particulièrement dans les livres d’Angel Arekin, que ce soit dans le Porteur de mort ou ses autres romans. Elle est capable, en une page, en un paragraphe, de me transporter ailleurs, au point d’entrer dans les sensations, visuelles, auditives, olfactives.

C’est parfois presque dérangeant, cette impression d’entrer de plain-pied dans l’histoire des personnages. Un peu comme un voyeur, un peu comme un cameraman en pleine action. Et j’adore cette façon d’être embarquée.

Même si ça signifie que toutes les émotions déferlent presque sans filtre.

J’ai lu certains chapitres presque en apnée. Je me suis répandue en interrogations à voix haute, en commentaires en tout genre. J’ai souri, j’ai été attendrie… J’ai explosé en sanglots à plusieurs reprises. Bref, j’ai, une fois de plus, totalement adhéré à l’histoire de Maël.

Parce que bien sûr, ce qui fait l’immense force de ce livre, c’est une fois de plus l’histoire en elle-même. La façon dont l’auteur nous embarque dans ses méandres, jette des indices comme autant de petits cailloux, ce qui présage une relecture encore plus puissante, à coup sûr. Le lecteur est pris à contrepied, souvent.

Les certitudes s’établissent pour mieux s’effondrer. Les doutes sont dissipés, entretenus, émiettés, quoique, mais oui quand même.

Bref, je referme ce livre le coeur battant à tout rompre, encore plus accro de la plume d’Angel Arekin que je ne l’étais en l’attaquant, prête à laisser Maël, Erine et Yano poursuivre leur chemin, et à faire une place dans ma bibliothèque et dans mes coups de coeur, pour les nouveaux venus.

 

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