Délivre nous d’Edmondo Pires

Titre Délivre nous

Auteur Edmondo Pires

Editeur Numeriklivres

Date de sortie 7 Septembre 2017

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J’ai découvert le livre d’Edmondo Pires au hasard d’un Service Presse et le résumé m’a immédiatement interpellée.

Dans ce polar sombre et poignant, il relate les destins croisés de quatre hommes qui se sont confrontés autour du drame absolu, le meurtre d’un enfant.

Cet enfant, Nathan Delagnes, le fils de François et Christina, a été assassiné, voilà plus de quinze ans, par un homme, Victor Vauban. Arrêté par les soins de Jean Pierre Altier, il purge sa peine. Pendant ce temps, François Delagne, père et veuf désespéré, tente de poursuivre son chemin, mais s’enfonce chaque jour davantage dans l’alcool, pour gagner, pendant quelques heures, l’abrutissement nécessaire à l’amnésie.

Pour compléter ce quatuor d’hommes autour desquels se construit l’intrigue, il y a Mikel Ortegui, un homme mystérieux, qui revient au pays basque entre deux contrats d’intérim, veille sur sa mère frappée de la maladie d’Alzheimer et retape la ferme familiale.

De l’intrigue, je ne vous dirai rien de plus, au risque de gâcher le très bon scénario mis en place par l’auteur.

Je préfère vous parler de mon ressenti. L’auteur, que je ne connaissais pas encore (un tort, si vous voulez mon avis), a su dresser un portrait poignant de ses personnages. J’ai été prise aux tripes par le désespoir de François, comme l’est Etienne, son plus proche collaborateur, qui le voit s’enfoncer dans la déchéance, sans parvenir à l’agripper au monde des vivants. Car François est écartelé. Il vit dans le monde des souvenirs; souvenirs des jours heureux avant ce 14 juillet funeste, souvenirs de la façon dont Christina et lui ont tenté de survivre, souvenir de la promesse qu’il a faite à sa femme et qu’il a tatouée sur son torse comme un rappel constant à la mission qu’elle lui a confiée.

Mais dans le même temps, le désespoir prend peu à peu le pas sur le reste et l’envie, de plus en plus forte, de venger la destruction de son bonheur. Pourtant, il sait qu’une telle option ne le guérirait pas. Mais que faire?

J’avoue que ce dilemme insoluble parlera sans doute à tous les parents qui se projetteraient dans ce genre de situation. C’est ainsi, en tous cas, que je l’ai pensé et raconté à mes proches. Il a même hanté quelques réflexions après avoir refermé ce livre.

Une autre de ses grandes forces, à mon sens, repose dans le dosage des mots. On n’est pas dans la surenchère des images monstrueuses dont nos yeux sont saturés à coup de films ou séries. Et c’est peut-être pire. Là, on ne pense qu’ambiance, ressenti; parce que les sentiments sont plus forts encore que le visuel.

Le rythme du roman permet de découvrir chacun des principaux protagonistes, avec un oeil extérieur et objectif, comme si on regardait par un trou de serrure des tranches de vie, des moments d’introspection et toutes ces étincelles au cours desquelles, peu importe le vernis social, l’âme est à nu.

L’intrigue est bien menée, haletante. Je me suis laissée prendre par son intensité, qui monte crescendo jusqu’à un final, … chut, je ne vous en dis pas plus.

J’aime les livres dont, une fois fini, on ne sort pas tout à fait identique, mais l’esprit un peu encombré d’images ou de pensées, la raison un peu piquée de tel ou tel conflit. A ce titre aussi, Délivre-nous est une réussite.

Avant de conclure cette chronique, je voulais remercier Numeriklivres de la confiance manifestée par ce SP et Edmondo Pires pour la qualité de son écriture et de son histoire

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