Stan de Gilles Milo-Vacéri, SP des Editions du 38

Titre Stan

Auteur Gilles Milo-Vacéri

Editeur Editions du 38

Date de sortie 10 juillet 2017

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J'ai découvert Stan presque par hasard, sur les recommandations d'une amie auteur qui a mis en lumière ce polar.

Un polar français, avec Marseille comme théâtre, publié dans une maison d'éditions que j'apprécie de plus en plus et à qui je dois quelques jolies lectures de polars bretons cette fois (les polars bretons d'Alex Nicol, mais je vous en parlerai une autre fois)?

Je n'ai pas hésité longtemps et je remercie encore les Editions du 38 de m'avoir accordé la confiance de  ce service presse.

Mais assez parlé du pourquoi, passons au vif du sujet.

Le roman nous met en présence du commandant Fabian Galardino, un flic marseillais un peu atypique. On le sent un peu au ban de son service, malgré le dévouement certain qu'il inspire à ses hommes et le respect des autres services. Pas borderline en terme de moralité -sa rectitude morale est impressionnante- mais plutôt envers les procédures. Pas sûre que le manuel du parfait policier discipliné soit son livre de chevet.

Mais qu'importe. Avec son collègue et meilleur ami Guy Larboise, ils forment un duo efficace, sur le terrain et dans la vie, ce genre d'amitié assez forts pour qu'on sache instinctivement qui appeler au milieu de la nuit. Ou même pour être là, sans que l'autre appelle, juste parce qu'on sent qu'il en a besoin.

Et Fabian en connaît un rayon dans ce domaine. Après un divorce douloureux, il s'apprête à tourner la page et à revoir son ex-femme Isabelle, dont il n'est pas tout à fait guéri. Mais voilà que, faute à pas de chance, Isabelle est la victime collatérale d'un attentat perpétré dans un bus marseillais.

Anéanti de douleur, Fabian ne s'écroule pas, mais il se lance à la poursuite des deux terroristes qui ont fauché la vie de sept personnes et qui, sans le savoir, ont commis l'erreur de s'en prendre à Cette femme.

Pour parvenir à ses fins, peu importent les méthodes. Tous les réseaux peuvent être activés, toutes les alliances peuvent être passées. Une journaliste d'investigation, une prostituée, un étrange Zorro qui semble toujours savoir comment le sortir d'un mauvais pas, Fabian mène sa traque, à travers le Liban, la Corée du Sud et la Chine.

Parce que l'une des particularités de ce roman, ce qui en fait une lecture d'autant plus riche, c'est que Marseille n'est qu'un maillon de la chaîne et qu'on se retrouve au coeur d'un complot de très grande envergure qui n'a pas été sans me rappeler quelques romans du regretté Robert Ludlum. Et la traque en territoire étranger, sans légitimité, sans soutien autre que cet étrange quatuor renforce une atmosphère particulière et prenante.

Par-delà l'enquête, l'intrigue, les voyages, ce roman décidément très riche est aussi marqué par la relation de Fabian et des deux femmes de son équipe, avec toujours, dans un coin de son esprit, le fantôme de celle qu'il a follement aimée et pour laquelle il se bat jusqu'au bout, et au-delà.

Entre la sensuelle et dangereuse Li-Mei et l'énigmatique Sonia, va-t-il laisser à son coeur le droit de passer à autre chose? Les scènes sensuelles, intenses de la sensation permanente d'une dernière fois émaillent avec talent le récit de l'auteur.

Mais dans cette équipe, il y a surtout Stan, qui donne son nom à ce roman. Dès le départ ce personnage fascine par son vécu, sa détermination, ses motivations. Au cours de ma lecture, je me suis étonnée, à un moment donné, que le roman porte son nom, alors que l'intrigue est centrée sur l'enquête de Fabian, mais en fait, c'est totalement logique.

Stan est le maillon central de cette enquête. Par ses interventions, évidemment, par sa façon de mener son commando comme il a mené ces hommes qui lui vouent encore une fidélité absolue. Mais pas seulement. C'est un tueur froid, méthodique, que la société a condamnée et pourtant, même dans les moments les plus extrêmes, on ne peut s'empêcher de ressentir une forme d'empathie. Et on sent bien que Fabian, qui a été tiraillé entre la règle et la morale lors de la première interpellation, est dans le même dilemme et qu'il va le résoudre à sa façon.

La tentation est grande d'aller plus loin encore dans l'explication de tout ce qui a capté mon attention dans ce roman très bien documenté sur le fonctionnement de certaines mafias et de tout un monde que le commun des citoyens devine à peine, et encore, mais je ne veux pas prendre le risque de dévoiler plus d'éléments encore.

Je préfère vous inviter à vous plonger aux côtés de Stan, Fabian et les autres dans ce polar sombre et prenant.

Pour finir, je voulais encore remercier les Editions du 38 pour cette deuxième collaboration, toute aussi plaisante quoique très différente de la première, et assurer Gilles Milo-Vacéri que je garde un oeil sur ses prochaines sorties avec une véritable impatience

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