Ames indociles tome 1 et 2 mis à jour, par Emma Green, Editions Addictives

Titre: Ames Indociles

Auteur: Emma Green

Editions Addictives

Date de sortie 8/7/2017

Pour trouver le tome 1 sur Amazon, c’est par ici Âmes indociles - vol. 1

 

et le tome 2 par là Âmes indociles - vol. 2

 

Quelques semaines après la fin du délicieux Coeurs insoumis, les prolixes auteurs qui forment le duo Emma Green nous proposent leur nouvelle série Âmes indociles, deuxième spin-off dérivé de l’original Corps impatients.

Pour la première fois depuis que je lis leurs séries, j’avoue que j’ai eu un peu peur de la direction que prenaient les filles en se lançant dans ce troisième volet, la crainte du fameux « tome de trop » qui a déjà gâché le plaisir de certaines de mes sagas préférées, d’autant que la dernière phrase des Coeurs insoumis m’avait laissée dans le flou le plus complet.

Autant se rassurer tout de suite, Âmes indociles ne part pas DU TOUT comme le tome de trop, bien au contraire!

D’abord parce qu’on retrouve Callie, la soeur de Dante, fantasque et géniale. Or on sait que dans l’univers Greenesque, les filles qui sont le plus exubérantes sont souvent aussi celles qui cachent ainsi les secrets les plus douloureux. Fille de son père, soeur de son frère Andréa, c’était déjà un gage de souffrances pour cette « pauvre petite fille riche », d’autant que son père continue, presque malgré lui, de faire parler de lui. Mais Vito a surtout laissé des séquelles bien plus profondes dans la vie de sa fille que celles qu’on connaît déjà. Des séquelles qui l’empêchent de vivre, littéralement, de se construire et d’avancer, en tant qu’être humain et que femme.

Et maintenant que l’ombre menaçante et étouffante de Vito a desserré son étreinte, Callie est prête à prendre son envol, à faire face à son passé et à tenter d’avancer.

Ensuite, parce que chez Emma Green, les histoires ont beau être connectées, elles ne se ressemblent pas et explorent chacune des domaines différents, avec dans cette trilogie, plus sensible peut-être que dans d’autres (quoique) la problématique d’aimer celui ou celle que l’on devrait absolument fuir, éviter voire détester. On est bien d’accord que c’est l’un des ressorts les plus fréquents de la littérature romanesque (Roméo et Juliette serait beaucoup moins dramatique si Rom et Ju étaient les enfants des deux meilleurs amis du monde, mais quand même!). Mais dans le cas de Callie et de Lennon (au nom aussi musical que ses yeux sont un poème!) cet aspect de l’histoire va vite, on le devine, prendre un tour dramatique.

Enfin parce que dans les livres d’Emma Green, les héros ne sont pas seuls mais entourés d’une tribu de sang ou de coeur qui contribue pleinement à la réussite de l’histoire. Ainsi, dans ce premier tome, on sent tout l’instinct protecteur de Dante, secondé dans sa tâche par la jolie Solveig au top de sa forme -et même par l’odorante Morue-, mais aussi parce que Callie, que l’on a devinée très solitaire dans ses premières apparitions, peut compter sur le soutien inconditionnel de Gus, autant son « fou » qu’elle est sa « folle », son ami, son soutien, son rempart, capable de traverser le pays pour lui permettre de mener à bien sa stratégie, juste parce qu’il sent qu’elle en a besoin.

Et là, on trouve aussi un joli casting de personnages hauts en couleurs qui comprend un autre chien, au nom très approprié de Poney, une mercière accueillante, un logeur acariâtre, deux petites filles, une nounou beaucoup moins sympathique que dans Call me baby et un hot single daddy en bonne voie pour faire de l’ombre à Vadim et Tristan dans mon panthéon personnel des Emma’s boys!

Un dernier élément auquel je pensais en préparant cette chronique à chaud, (et au chaud aussi vu les 37° ambiants). Cette romance se démarque aussi par le juste équilibre de ses scènes d’amour. A vrai dire, contrairement à la surabondance qui émaille certains livres, il y en a très peu dans ce premier tome, parce que c’est d’une grande cohérence avec le vécu de chacun, mais elle se révèle d’une délicatesse et d’un niveau de sensations très réussis.

Sans trop dévoiler l’intrigue de cette série, je dirais aussi que ce qui me touche, dès le premier tome, c’est sa façon de traiter l’amour, notamment l’amour familial, entre frères et soeurs, entre parents, de chair ou de coeur, entre êtres écorchés que rien de devrait rapprocher.

Et si le switch de la fin du tome était quelque part prévisible, la façon de l’emmener et de nous laisser sur une faim inquiète montre très certainement le haut niveau de ce démarrage.

Un grand bravo pour cette entame de haute couture!

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Ajout du 29/7/2017 tome 2

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Dans cette seconde partie, le décor est posé, les éléments dramatiques viennent de se télescoper et on entre sans préambule dans le vif du sujet. Callie, face à ses responsabilités, aux a priori de Lennon, à son instinct protecteur très développé, aura-t-elle une chance de nouer un lien réel avec la petite Willow? Saura-t-elle trouver sa place auprès d’elle? Et que lui réserve sa relation balbutiante avec le beau Lennon?

Toutes ces questions sont abordées dans ce tome dense et riche en émotions. Les héros se mettent à nu, au propre mais surtout au figuré, et il est des confessions qui prennent à l’estomac. A plusieurs reprises, mon coeur de midinette s’est serré pour la souffrance de Callie, la volonté implacable de Lennon, le caractère de Willow. Les personnages secondaires sont loin d’être anodins tant ils éclairent la situation des personnages et la complexité de leur relation.

Et que dire justement de cette triple relation? Callie-Willow: un duo mère-fille qui ne peut dire son nom mais prend une importance croissante. Willow-Lennon: une relation exclusive, peu évidente sur le papier, mais qui coule tellement de source que toute place semble impossible à trouver pour un tiers. Lennon-Callie: si l’attirance entre eux ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est une ombre, celle de Willow et de son bonheur qui se dresse, les unit tout en les séparant et finalement semble les fracasser.

Plus encore que dans le premier tome, ce second opus se finit dans un cliffhanger dramatique qui ne peut qu’émouvoir les lectrices. Si le tome 3 est d’ores et déjà commandé dès sa sortie, il va être long à attendre, tout en me demandant comment les choses vont bien pouvoir s’arranger pour ces âmes indociles, torturées, mais qui méritent tant le bonheur et l’apaisement.

 

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