Et si j’aurais tué Adolphe, par Marcq Morin

Souvent, on a la tentation de se dire, face à tel événement, historique ou non, « que ce serait-il passé si j’avais pris telle ou telle décision? »

C’est cette question que Marcq Morin fait se poser à l’héroïne de son livre.

A travers les yeux, et les paroles, d’une jeune enfant, il nous décrit la première guerre mondiale. Pas celle des livres, non, celle des gens. On y croise un Kronprinz et un Kaiser, mais pas seulement. Il y a aussi des soldats des deux camps qui combattent sur la ligne Badaboum, des civils qui restent, des femmes, des vieux, des enfants.

Et la vie qui continue, dans le Nord de la France, un village que les Allemands appellent Paradies car ils viennent s’y reposer du front, avant de repartir à la boucherie et d’en revenir, ou pas. On y regarde des films au cinéma, on y mange, on y boit et on tente d’occulter pour quelques heures l’abomination de cette guerre qui n’est bonne pour personne.

On y parle de travail obligé, de conditions de vie, d’occupation aussi. On y entend parler de « bochévique ». Et puis on y devine de la résistance, idéologique ou non, de la part de ces civils et des petits actes de désobéissance.

Mais on croise aussi un petit personnage, détestable et cruel, Adolphe, qui fait de la peinture, dessine de drôles de croix et parle mal des Juifs, qui représentent une entité mal définie, que la petite héroïne plutôt agréable à côtoyer.

Et cet Adolphe est si odieux que la petite héroïne prend une grande décision. Tuer Adolphe.

Ce livre, court, écrit avec un langage imagé, adapté à l’âge, à la région et au niveau d’instruction des personnages propose une autre vision de l’histoire, de celle de la Grande guerre, mais aussi de cet affreux Adolphe que l’on retrouve dans les dernières lignes du livre, avec une moustache plus impressionnante et un impact qui ne l’est pas moins.

Une bonne lecture pour aborder l’histoire autrement.

 

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